La macroéconomie expliquée dans un Fast Food

Les décisions économiques dont vous êtes témoin à l’intérieur d’un fast food ne sont que quelques exemples du grand nombre de transactions économiques qui ont lieu quotidiennement à travers le monde. Les gens achètent et vendent des biens et des services. Les entreprises embauchent et licencient des travailleurs. Les gouvernements perçoivent des impôts et dépensent les recettes qu’ils perçoivent. Les banques acceptent les dépôts et accordent des prêts. Lorsque nous réfléchissons à l’impact global de tous ces choix, nous entrons dans le domaine de la macroéconomie. La macroéconomie est l’étude de l’économie dans son ensemble.

Lorsque vous êtes assis à la table de votre fast food, vous pouvez également voir les forces macroéconomiques à l’œuvre (au même titre qu’en exposer la microéconomie comme nous l’avons vu dans un article précédent). À l’intérieur du restaurant, des jeunes hommes s’assoient et parlent en regardant le journal. Il est un jour de semaine, en début d’après-midi, mais ces personnes ne travaillent pas. Comme beaucoup d’autres travailleurs en France et dans le monde, ils ont récemment perdu leur emploi. De l’autre côté de la rue, il y a d’autres signes que l’économie n’est pas saine: certaines devanture de magasins sont barricadées parce que de nombreuses entreprises ont récemment été obligées de fermer leurs portes.

En période de récession, plusieurs choses se produisent habituellement:

  • La première est que la production totale de biens et de services dans un pays diminue. Dans de nombreux pays, la valeur totale de l’ensemble des biens et services produits a été inférieure en 2008 à celle de 2007.
  • Une deuxième caractéristique typique d’une récession est que certaines personnes perdent leur emploi et que celles qui n’ont pas d’emploi ont plus de difficulté à en trouver un nouveau.
  • Et la troisième caractéristique de la plupart des récessions, c’est que ceux qui ont encore un emploi ont peu de chances de voir leur salaire ou leur traitement augmenter considérablement. Ces caractéristiques récessives sont interdépendantes.

Parce que les gens ont un revenu plus faible et peut-être parce qu’ils sont nerveux au sujet de l’avenir, ils ont tendance à dépenser moins. Et parce que les entreprises ont plus de difficulté à vendre leurs produits, elles sont moins susceptibles d’investir dans la construction de nouvelles usines. Et lorsque moins d’usines sont construites, il y a moins d’emplois disponibles tant pour ceux qui construisent des usines que pour ceux qui y travaillent.

En bas de la rue du fast food, un grand projet de construction est visible. Une ancienne route et un pont voisin sont en cours de remplacement. Le gouvernement français finance des projets de ce type afin de créer plus d’emplois et d’aider l’économie à se remettre de la récession. Le gouvernement doit financer ces dépenses d’une façon ou d’une autre. Une façon pour les gouvernements d’obtenir un revenu est d’imposer les gens. Les clients du fast food qui ont un emploi paient des impôts sur leurs revenus. Le fast food paie des impôts sur ses bénéfices. Et les clients paient des taxes lorsqu’ils achètent leur nourriture.

Malheureusement pour le gouvernement, des impôts plus élevés signifient que les gens et les entreprises ont moins de revenus à dépenser. Mais pour aider l’économie à sortir de la récession, le gouvernement préférerait que les gens dépensent davantage. En effet, une autre réponse à une récession est de réduire les impôts.
Par exemple, face à la récession, l’administration Obama aux États-Unis a adopté un projet de loi de relance qui a à la fois augmenté les dépenses publiques et réduit les impôts, ceci a été disons-le en passant l’objet de caricatures d’Obama assez virulentes.
Si le gouvernement perçoit moins d’impôts, comment peut-il augmenter ses dépenses en même temps ? La réponse est que le gouvernement emprunte l’argent. Par exemple, pour payer la loi de relance de 787 milliards de dollars, le gouvernement américain a émis de nouvelles dettes. Les gens et les institutions (comme les banques), tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis, achètent cette dette, c’est-à-dire qu’ils la prêtent au gouvernement.

Il y a une autre institution, l’autorité monétaire, qui achète la dette publique. Il a des noms spécifiques dans différents pays : aux États-Unis, elle s’appelle la Federal Reserve Bank ; en Europe, elle s’appelle la Banque Centrale Européenne (connue sous l’acronyme BCE); en Australie elle s’appelle la Reserve Bank of Australia; et ainsi de suite. Lorsque le gouvernement américain émet davantage de titres d’emprunt, la Réserve Fédérale en achète une partie. La Réserve Fédérale a le pouvoir légal de créer de l’argent frais (en fait, d’imprimer de nouvelles devises, ce qu’on appelle communément le droit de battre monnaie) et de l’utiliser ensuite pour acheter des titres du gouvernement. Lorsqu’elle le fait, la monnaie commence à circuler dans l’économie. De même, les décisions de la Banque centrale européenne conduisent à la circulation des billets et pièces en euros que vous avez vus utilisés pour vos courses par exemple.

Les décisions de l’autorité monétaire ont également un impact important sur l’économie. Lorsque la Banque centrale européenne décide de mettre davantage d’euros en circulation, cela a pour effet de réduire les taux d’intérêt, ce qui signifie qu’il devient moins cher pour les particuliers d’obtenir un prêt étudiant ou une hypothèque, et pour les entreprises d’acheter de nouvelles machines et de construire de nouvelles usines. En règle générale, une autre conséquence est que l’euro perdra de sa valeur par rapport à d’autres monnaies, comme le dollar américain. Si vous prévoyez un voyage aux États-Unis, vous feriez mieux d’espérer que la Banque centrale européenne n’augmente pas le nombre d’euros en circulation.

 

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