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Histoire des pandémies

Dans le domaine des maladies infectieuses, une pandémie est le pire des scénarios. Lorsqu’une épidémie se propage au-delà des frontières d’une région ou d’un pays, l’épidémie devient officiellement une pandémie.

Étymologiquement, le terme pandémie vient du grec ancien πανδημία (pandêmía) issu de πᾶν (pân) qui veut dire tout et δῆμος (dễmos) qui signifie le peuple. Pandémie signifie le peuple tout entier, et qui désigne une épidémie qui affecte une partie significative des populations sur une région importante du globe.

Les maladies transmissibles existent à l’époque des chasseurs-cueilleurs mais c’est la sédentarisation suite à la première révolution agricole, il y a 12 000 ans, qui rend les épidémies possibles car les hommes se structurent en communautés. La grippe, la lèpre, le paludisme, la tuberculose, la variole et d’autres maladies épidémiques apparaissent à cette période.

La structuration des sociétés en communautés, les liens entre les différentes communautés par des routes commerciales et les conflits font circuler les hommes en plus grand nombre et rendent les pandémies  potentielles.

Découvrons chronologiquement les grandes pandémies que l’humanité a rencontré au cours de son existence.

Infographie de la chronologie des pandémies

Histoire des pandémies
Infographie ©Nicholas LePan – Visualizing the History of Pandemics (source) – Traduit et adapté de l’anglais par l’équipe de JeRetiens.

430 avant J.-C. : La Peste d’Athènes

La première pandémie enregistrée a eu lieu pendant la guerre du Péloponnèse. Après avoir traversé la Libye, l’Éthiopie et l’Égypte, la maladie a franchi les murs athéniens pendant que les Spartiates en font le siège. Jusqu’à deux tiers de la population en sont morts, soit plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Les symptômes comprenaient de la fièvre, de la soif, du sang dans la gorge et sur la langue, des rougeurs sur la peau et des lésions. Cette pandémie affaiblit considérablement les Athéniens et est un facteur important de leur défaite face aux Spartiates.

Il n’est pas certain qu’il s’agisse d’une peste. Les hypothèses avancées sont le typhus, la variole, la rougeole ou encore Ebola ou la fièvre typhoïde.

165 après  J.C. : La Peste Antonine

La peste Antonine est une des premières manifestations de la variole qui commence avec les Huns. Les Huns ont ensuite infecté les peuples germaniques, qui l’ont transmise aux Romains, puis les troupes de retour l’ont propagée dans tout l’empire romain.

Les symptômes comprenaient de la fièvre, des maux de gorge, de la diarrhée et si le patient vivait assez longtemps, des plaies remplies de pus. Cette peste a duré pendant 25 ans,  jusqu’en 190 après J.-C. environ, faisant de l’empereur Marc-Aurèle l’une de ses victimes en 180  après l’avoir contractée à Vindobona (Vienne en Autriche).

Il est probable que la peste antonine soit une des causes du déclin de l’Empire Romain.

251 : La Peste de Cyprien

La peste de Cyprien tire son nom de la première victime connue: Cyprien, évêque chrétien de Carthage qui y voit une vengeance divine. La peste de Cyprien s’accompagnait de diarrhées, de vomissements, d’ulcères de la gorge, de fièvre et de gangrène des mains et des pieds.

Les citadins ont fui vers la campagne pour échapper à l’infection mais cela a pour effet de propager l’épidémie.
L’épidémie vient d’Éthiopie, puis traverse l’Afrique du Nord, arrive à Rome, puis en Égypte et se propage vers le nord.

Des épidémies récurrentes se sont produites au cours des trois siècles suivants. En 444 après J.-C., elle frappe la Grande-Bretagne et entrave les efforts de défense contre les Pictes et les Écossais, ce qui pousse les Britanniques à demander l’aide des Saxons, qui allaient bientôt contrôler l’île.

Cette pandémie dure 9 ans, jusqu’en 260.

541 : La Peste de Justinien

Apparue d’abord en Égypte, la peste de Justinien s’est répandue en Palestine et dans l’Empire byzantin, puis dans toute la Méditerranée.

La peste a changé le cours de l’empire, faisant échouer les plans de l’empereur Justinien de réunir l’empire romain d’orient et d’occident et provoquant une lutte économique massive. On lui attribue également le mérite d’avoir créé une atmosphère apocalyptique qui a favorisé la propagation rapide du christianisme.

15 épidémies ont lieu au cours des deux siècles suivants jusqu’en 767 et tuent entre 30 et 50 millions de personnes, soit 26 % de la population mondiale estimée de l’époque. C’est la première apparition significative de la peste bubonique, qui se caractérise par une hypertrophie de la glande lymphatique et qui est portée par les rats et propagée par des puces infectées.

735 : La variole japonaise

L’épidémie de variole japonaise a été une épidémie majeure de variole qui a touché une grande partie du Japon. Tuant environ un tiers de la population japonaise, l’épidémie a eu d’importantes répercussions sociales, économiques et religieuses dans tout le pays.

Cette épidémie s’est développée dans le contexte d’un contact accru entre le Japon et le continent asiatique, contact qui semblait avoir conduit auparavant à d’autres graves flambées de maladies infectieuses.

Cette épidémie dure 2 ans, jusqu’en 737.

11ème siècle : La Lèpre

Bien qu’elle existe depuis longtemps, la lèpre s’est transformée en pandémie en Europe au Moyen Âge, ce qui a entraîné la construction de nombreux hôpitaux spécialisés dans la lutte contre la lèpre pour accueillir le grand nombre de victimes.

Cette maladie bactérienne à développement lent provoque des plaies et des difformités était considérée comme une punition de Dieu. Cette croyance a conduit à des jugements moraux et à l’ostracisme des victimes. Aujourd’hui connue sous le nom de maladie de Hansen, elle touche encore des dizaines de milliers de personnes chaque année et peut être mortelle si elle n’est pas traitée avec des antibiotiques.

1347 : La Peste noire

Responsable de la mort d’un tiers de la population européenne, cette seconde apparition de la peste bubonique a probablement commencé en Crimée et s’est déplacée vers l’ouest via des caravanes. Entrée par la Sicile en 1347 lorsque les malades de la peste sont arrivés dans le port de Messine, elle s’est rapidement répandue dans toute l’Europe. Les cadavres sont devenus si nombreux que beaucoup sont restés à pourrir sur le sol et ont créé une odeur nauséabonde constante dans les villes.

L’Angleterre et la France ont été tellement frappées par la peste que ces pays ont signé une trêve durant la Guerre de Cent Ans. Le système féodal britannique s’est effondré lorsque la peste a modifié le contexte économique et démographique.
Ravageant les populations du Groenland, les Vikings ont perdu la force de mener une bataille contre les populations indigènes, et leur exploration de l’Amérique du Nord s’arrêta.

La Peste noire ou grande peste fait en 5 ans près de 25 millions de victimes en Europe sur les 75 millions d’habitants, à l’époque.

1492 – 1520 : La petite vérole et le Nouveau Monde

Après l’arrivée des Espagnols dans les Caraïbes, des maladies telles que la variole ou petite vérole, la rougeole et la peste bubonique sont transmises aux populations indigènes. Sans aucune exposition préalable, ces maladies ont dévasté jusqu’à 90% des populations amérindiennes.

À son arrivée sur l’île d’Hispaniola, Christophe Colomb a rencontré le peuple Taino, qui compte 60 000 habitants. En 1548, la population s’élevait à moins de 500 habitants. Ce scénario s’est répété à travers les Amériques.

En 1520, l’empire aztèque est détruit par une infection de variole apportée par des esclaves déportés d’Afrique.
En moins d’un siècle, la population aztèque passe de 25 millions à 2 millions.

1665 : La grande peste de Londres

Durant le XVIIème siècle de nombreuses épidémies de peste frappent le monde.

Dans sa deuxième apparition enregistrée, la peste bubonique a entraîné la mort de 20% de la population de Londres. La maladie s’est propagée dans les ports le long de la Tamise. Le pire de l’épidémie s’est atténué à l’automne 1666, à peu près au même moment qu’un autre événement dévastateur, le Grand Incendie de Londres.
De nombreux endroits ont été mis en quarantaine pour tenter d’endiguer la propagation de l’épidémie.

18ème siècle : La fièvre jaune

Au début du XIXème siècle, la fièvre jaune est connue sous le nom de mal de Siam . Il s’agit d’une maladie qui se transmet par les moustiques qui véhiculent le virus après l’avoir obtenu en piquant des singes de la forêt équatoriale.

Le virus de la fièvre jaune se transmet de la manière suivante: singe – moustique – homme, et peut se transmettre d’homme à homme par l’intermédiaire d’un moustique (homme – moustique – homme) dans des configurations urbaines. Les symptômes de la fièvre jaune attaque le foie et les reins et peut évoluer vers un syndrome hémorragique.

La fièvre jaune est connue depuis le XVIème siècle, et est attrapée par les marins au Cap Vert, à Sao Tomé, dans le Golfe du Bénin ou dans les Canaries.
Le terme fièvre jaune apparaît lors de l’épidémie de la Barbade en 1750.

Les épidémies ont éclaté tout au long du XVIIIème siècle à cause de navires infestés de moustiques porteurs du virus, jusqu’au XXème siècle et frappent l’Amérique du Nord, Gibraltar, l’Europe (Espagne, Portugal, France). Durant le XXème siècle, la fièvre jaune touche l’Ethiopie et le Sénégal.

1817 : Première pandémie de choléra

Première des sept pandémies de choléra des 150 prochaines années, cette vague d’infection de l’intestin grêle trouve son origine en Russie, où un million de personnes en sont mortes.
Se propageant par l’eau et la nourriture contaminées par les matières fécales, la bactérie a été transmise aux soldats britanniques qui l’ont apportée en Inde où des millions d’autres personnes sont mortes. La portée de l’Empire britannique et de sa marine a propagé le choléra en Espagne, en Afrique, en Indonésie, en Chine, au Japon, en Italie, en Allemagne et en Amérique, où il a tué 150 000 personnes. Un vaccin a été créé en 1885, mais les pandémies ont continué jusqu’en 1923.

A partir de 1961 une septième pandémie de choléra est découverte en Indonésie, se propageant en Asie en 1962, en Europe et au Moyen-Orient dès 1965, en Afrique dans les années 70 et qui touche l’Amérique latine en 1991. Cette maladie sévit toujours aujourd’hui et est devenue endémique dans certains pays.

1855 : La troisième pandémie de peste

La peste bubonique a fait 15 millions de victimes, d’abord en Chine, puis en Inde et à Hong Kong. D’abord propagée par les puces lors d’un boom minier dans le Yunnan, la peste est considérée comme un facteur de la révolte des Panthay et de celle des Taiping.
L’Inde en a subi les pertes les plus importantes, et l’épidémie a servi de prétexte à des politiques répressives qui ont déclenché une certaine révolte contre les Britanniques. La pandémie a été considérée comme active jusqu’en 1960, date à laquelle le nombre de cas est tombé à moins de deux cents.

1875 : Pandémie de rougeole aux Fidji

Après la cession des Fidji à l’Empire britannique, une délégation de l’île est envoyée en visite en Australie. Arrivée au moment d’une épidémie de rougeole, la délégation rapporte la maladie aux Fidji, laquelle se propage très rapidement au sein de la population.

Un tiers de la population des Fidji, soit un total de 40 000 personnes, est mort. De nombreux villages sont brûlés pour endiguer la pandémie.

1889 : La grippe russe

La première grande pandémie de grippe trouve son origine en Sibérie et au Kazakhstan, s’étend ensuite à Moscou, puis en Finlande et en Pologne, où elle se propage dans le reste de l’Europe. L’année suivante, elle s’installe en Amérique du Nord et en Afrique. À la fin de 1890, 360 000 personnes en sont mortes.

1918 : La grippe espagnole

La grippe aviaire, qui a fait entre 20 à 50 millions de morts dans le monde, est originaire de Chine et a été propagée par des travailleurs chinois transportés par chemin de fer à travers le Canada en direction de l’Europe. En Amérique du Nord, la grippe est apparue pour la première fois au Kansas au début de 1918 et était observable en Europe au printemps. Les rapports des services de télégraphie concernant une épidémie de grippe à Madrid au printemps 1918 ont conduit à ce que la pandémie soit appelée grippe espagnole.

Dès octobre 1918, l’épidémie de grippe devient une pandémie et dure jusqu’à l’été 1919. Cette pandémie est caractérisée par le fait que près de 500 millions de personnes ont été infectées dans le monde, soit 27% de la population mondiale en 1918 (1,8 milliard d’individus), par le taux de mortalité de 2 à 10% et par la surmortalité des personnes âgées de 20 à 40 ans.

1957 : La grippe asiatique

Commençant à Hong Kong et se répandant dans toute la Chine puis aux États-Unis, la grippe asiatique s’est répandue en Angleterre où, en six mois, 14 000 personnes sont mortes. Une deuxième vague a suivi au début de 1958, causant un total estimé à environ 1,1 million de décès dans le monde, dont 116 000 aux États-Unis. Un vaccin a été développé, permettant de contenir efficacement la pandémie.

1981 : VIH/SIDA

Identifié pour la première fois en 1981, le sida détruit le système immunitaire d’une personne, entraînant la mort par des maladies que l’organisme combattrait habituellement. Les personnes infectées par le virus du VIH ont de la fièvre, des maux de tête et une hypertrophie des ganglions lymphatiques lors de l’infection. Lorsque les symptômes disparaissent, les porteurs deviennent très infectieux par le sang et le liquide génital, et la maladie détruit les cellules T.

Il est probable que le sida se soit développé à partir d’un virus de chimpanzé d’Afrique de l’Ouest dans les années 1920. La maladie, qui se propage par certains fluides corporels, s’est propagée à Haïti dans les années 1960, puis à New York et San Francisco dans les années 1970.

Des traitements ont été mis au point pour ralentir la progression de la maladie, mais 35 millions de personnes dans le monde sont mortes du sida depuis sa découverte.

2002 : Le SRAS

Le SRAS est un syndrome respiratoire aigu sévère, une maladie causée par un type de virus connu sous le nom de SRAS-CoV, qui a été remarqué pour la première fois en novembre 2002 dans les régions du sud de la Chine.
Les symptômes du SRAS comprennent une toux sèche, des douleurs musculaires, des frissons, des difficultés à respirer, une fièvre de 38°C, des maux de tête et parfois aussi de la diarrhée. Les complications comprennent la pneumonie, les problèmes cardiaques et hépatiques et, dans certains cas, la mort.
Le SRAS se transmet entre les personnes par les sécrétions respiratoires. Ainsi, les personnes qui éternuent et toussent libèrent des gouttelettes contenant des particules de virus. L’animal hôte d’où provient le virus est considéré par les scientifiques comme une chauve-souris du genre Rhinolophus qui a ensuite transmis le virus à des civettes de chats à partir desquelles les humains ont été infectés.

2019 : Le Coronavirus

Le coronavirus est le nom utilisé pour un nouveau type d’infection virale remarqué pour la première fois à Wuhan, en Chine, en 2019, qui est désigné comme le virus COVID-19. C’est comme le SRAS, un type de bêtacoronavirus.

Les principaux symptômes sont une toux, de la fièvre, un essoufflement et, dans de nombreux cas, le développement d’une pneumonie. La maladie provoque des symptômes graves et le taux de mortalité est d’environ 2 % jusqu’à présent. Les personnes souffrant de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques ou le diabète sont les plus exposées aux complications et au décès, tout comme les personnes âgées.

Le diagnostic de la maladie se fait par un examen physique et la constatation des symptômes qui peuvent apparaître entre 2 jours et 2 semaines après l’exposition au virus. En outre, des échantillons de sang envoyés pour des tests moléculaires permettent de confirmer la présence du virus et de confirmer le diagnostic du COVID-19.

Expansion du coronavirus COVID-19
L’expansion de la pandémie de coronavirus COVID-19 indiquant pays par pays le nombre de cas confirmés au 17 mars 2020.

Depuis sont apparition en Chine, l’épidémie de coronavirus a été recensée en Europe, Amérique, Australie, Proche-Orient et Afrique et a acquis le statut de pandémie par l’OMS depuis le 11 mars 2020.
De nombreux pays ont fermé leurs frontières et confiné la population limitant ses interactions sociales au minimum.

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