Histoire de la Bibliothèque de la Pléiade

La Bibliothèque de la Pléiade est une collection de livres éditée par Gallimard aux dimensions 11 × 17,5 cm. Il s’agit d’un travail d’édition luxueux car chaque livre est relié en cuir pleine fleur (c’est-à-dire la zone du cuir qui possède la plus grande densité de fibres ce qui la rend résistante, douce et agréable au toucher), ce cuir est doré à l’or et les textes sont imprimés sur du papier bible couleur chamois.
Le papier bible est un papier extrêmement fin, résistant et translucide. Il n’est pas fait à base de pâte de bois mais fabriqué à partir de fibres textiles comme le lin ou le coton. Ce type de papier sert de support d’impression aux bibles bien évidemment mais aussi aux encyclopédies, dictionnaires et aux collections de prestige comme les Portiques ou la Pléiade.

Par comparaison, le papier “A4” utilisé par les imprimantes et les photocopieuses a un grammage de 90g tandis que le papier bible a un grammage de 36g. Ceci signifie que pour une surface d’un mètre carré, le papier bible ne pèse de 36 grammes.

Pour plus d’informations sur la fabrication des ouvrages, rendez-vous sur le site de la Pléiade.

La Bibliothèque de la Pléiade comporte différents types de volumes, répartis en fonction des siècles et des thèmes selon un code couleur spécifique. Elle comporte du reste l’édition des albums, de l’encyclopédie, et de l’agenda, tous trois libellés de la Pléiade.

Aujourd’hui, la Pléiade compte plus de 800 ouvrages de plus de 250 auteurs et constitue une forme de consécration littéraire: y être publié est un honneur et seulement 19 auteurs y sont entrés de leur vivant !

Création de la Pléiade

De l’éditeur indépendant à l’intégration chez Gallimard

Avant d’appartenir au groupe Gallimard, la Pléiade est d’abord issue de l’idée d’un éditeur-traducteur français Jacques Schiffrin qui en 1923 fonde les Éditions de la Pléiade, sous-titrées J. Schiffrin & Cie.
Huit ans plus tard, en 1931, Schiffrin fonde la Bibliothèque de la Pléiade avec pour philosophie d’offrir aux lecteurs les œuvres complètes d’auteurs classiques. Son idée est de penser le livre de manière plus compacte que ses concurrents (en effet, les œuvres complètes de nombreux auteurs peuvent prendre un grand nombre de pages), il opte donc pour un format proche de celui du livre poche mais en imprimant les textes sur du papier bible (ce qui permet d’obtenir un format plus compact) et en reliant le tout en cuir.

Le premier livre de la Pléiade édité par Schiffrin est consacré à Beaudelaire.

Dès 1933, soit moins de deux ans après la publication du premier ouvrage de la Pléiade, la Nouvelle Revue française (NRF) créée par André Gide et Jean Schlumberger intègrent la Bibliothèque de la Pléiade aux éditions Gallimard.

Le développement de la Pléiade est très rapide, en deux décennies le succès est au rendez-vous notamment grâce au travail d’édition et de conception d’un appareil critique qui dote les textes d’une approche scientifique. Dans les années 1960, la collection commence à éditer de la littérature étrangère et des thématiques différentes comme la philosophie, les textes sacrés, etc.

À quoi fait référence la Pléiade ?

Si il est tentant d’associer le nom de la Pléiade au groupe éponyme de poètes du XVIème siècle ou aux étoiles, c’est une idée reçue !

Les Pléiades désignent bien un amas d’étoiles situées dans la constellation du Taureau, que l’on peut voir depuis l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud. Les Pléiades sont à l’origine, dans la mythologie grecque, sept sœurs, filles du Titan Atlas et de l’Océanide Pléioné: Maïa, Alcyone, Astérope, Céléno, Électre, Taygète, et Mérope.
La Pléiade désigne bien un groupe de poètes français du XVIème siècle comprenant Pierre de Ronsard, Joachim Du Bellay, Jacques Peletier du Mans, Rémy Belleau, Antoine de Baïf, Pontus de Tyard et Étienne Jodelle.

Mais… ni l’un ni l’autre n’est à l’origine du choix du terme Pléiade pour la Bibliothèque de la Pléiade de Jacques Schriffin.

En réalité, Schriffin manque d’auteurs pour lancer sa maison d’édition en 1923. Il lance donc une collection de d’auteurs classiques russes qu’il traduit lui-même. Il édite ainsi Gogol, Dostoïevski et Pouchkine. Il se rapproche de Gide pour traduire la Dame de Pique de Pouchkine et suite à se rapprochement Gide décide d’intégrer la Bibliothèque de la Pléiade à la NRF en 1933.
Schriffin ayant édité principalement des auteurs classiques russes, c’est à eux que fait référence le terme Pléiade.

À quoi correspondent les couleurs de la Pléiade ?

Depuis la création de la Bibliothèque de la Pléiade, 250 auteurs se sont succédé dans plus de 800 ouvrages. Il est donc important pour une collection de prestige d’établir un signe distinctif entre les thématiques, les époques, pour faciliter sa compréhension et son esthétique.

La Pléiade a choisi dès sa création de miser sur un code couleur des reliures. Le cuir est teint et ne comporte aucune inscription à l’exception de son dos qui fait mention du nom de l’auteur et du contenu de l’ouvrage (roman, œuvres complètes, lettres, théâtre, etc.).
La teinture est relative au siècle durant lequel l’auteur a vécu.

Couleur de la reliure de la PléiadeÉpoque / siècle
HavaneXXème siècle
Vert émeraudeXIXème siècle
BleuXVIIIème siècle
Rouge vénitienXVIIème siècle
CorintheXVIème siècle
VioletMoyen-Âge
Vert antiqueAntiquité

 

Et pour les ouvrages thématiques, les couleurs sont:

Couleur de la reliure de la PléiadeThématique
GrisReligion
Rouge ChurchillAnthologies
GrenatEncyclopédies, série historique
VertEncyclopédies, série méthodique

 

Il existe trois exceptions de couleur pour des ouvrages spécifiques qui ont été attribuées à une édition précise. Aujourd’hui le code couleur est respecté dans les rééditions en fonction du siècle de vie des auteurs.

Couleur de la reliure de la PléiadeOuvrage
NoirPremière édition des Mémoires de Saint-Simon
CorintheDeuxième édition de la Comédie Humaine de Balzac
CrèmeŒuvres poétiques complètes de Charles Pégy

 

Quels sont les auteurs publiés de leur vivant dans la Pléiade ?

Depuis sa création en 1931, la Bibliothèque de la Pléiade a publié 19 auteurs de leur vivant, en voici la liste:

 

  • 1939 : André Gide
  • 1947 : André Malraux
  • 1948 : Paul Claudel
  • 1955 : Henry de Montherlant
  • 1955 : Roger Martin du Gard
  • 1972 : Julien Green
  • 1972 : Saint-John Perse
  • 1982 : Marguerite Yourcenar
  • 1983 : René Char
  • 1989 : Julien Gracq
  • 1991 : Eugène Ionesco
  • 1996 : Nathalie Sarraute
  • 2008 : Claude Lévi-Strauss
  • 2011 : Milan Kundera
  • 2014 : Philippe Jaccottet
  • 2015 : Jean d’Ormesson
  • 2016 : Mario Vargas Llosa
  • 2017 : Philip Roth
  • 2019 : António Lobo Antunes

Séquence documentaire sur la Pléiade

 

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