Quelles études ont fait les grands écrivains ?

Quelles sont les études suivies par les grands écrivains ?

Les écrivains ont-ils des trajectoires similaires ? Ont-ils été influencés par leur formation et leurs études ?
À travers cet article, découvrez le parcours de grands romanciers, figures de la littérature française et internationale des XIXe et XXe siècles.
Dans ce premier volet, nous nous intéresserons à trois écrivains. Trois écrivains, trois univers, trois cultures, des dizaines d’influences : Honoré de Balzac, Samuel Beckett et Mario Vargas Llosa.

Honoré de Balzac

Honoré de Balzac est né en 1799 à Tours et mort en 1850 à Paris. Romancier, dramaturge et essayiste, il rédige une des plus colossales œuvres de la littérature française: la Comédie Humaine comptant près de 100 romans et nouvelles édités sur seulement 26 ans.

Honoré de Balzac, auteur de la Comédie Humaine.

Né dans une famille de notables, Balzac est dès sa naissance et pendant 3 ans élevé par une nourrice dans une autre maison que celle de ses parents. Ensuite, en 1807 il est placé au collège des Oratoriens durant 6 ans. Collège dont il n’a pas le droit de quitter les murs, pas même pour rentrer durant les congés. Il y découvre les livres, qu’il lit avec boulimie !
Ces lectures excessives plongent Balzac dans une sorte de léthargie, il ne sort plus de son imaginaire, il ne mange presque plus.

La famille de Balzac déménage à Paris suite à une promotion de son père, et entre 1814 et 1816, il suit en externe les cours du Lycée Charlemagne.
Pour ses études supérieures, Balzac s’inscrit en droit, et parallèlement suit des cours particuliers de lettres (l’équivalent aujourd’hui des cours privés de français) et des cours à la Sorbonne, de lettres également.

Son père qui le rêve notaire, le pousse à travailler chez un juriste, ami de la famille. Balzac occupe pendant quelques années la fonction de clerc de notaire avant de jeter l’éponge et de se consacrer à l’écriture (puis à l’imprimerie, mais ça… ce sera un échec cuisant ! Pour anecdote, Balzac s’est mis en tête d’éditer l’intégrale de Molière en un seul volume, ainsi que l’intégrale de la Fontaine en un volume aussi).

Suite au choix de son fils de laisser tomber le notariat, son père livre Balzac à lui-même, le laissant sans ressources.
De ce manque d’argent, Balzac nourrit une envie de faire fortune, de vivre dans le luxe, et tout au long de son existence multipliera les investissements et les emprunts, le conduisant du luxe à l’endettement.

De ce parcours jalonné par les objectifs de son père, Balzac tire une grande inspiration pour ses propres romans.
Par exemple, l’ambiance des cabinets de notaires lui a inspiré des personnages dans le Colonel Chabert ; son sentiment d’avoir été abandonné par sa mère (rappelons les années passées en nourrice et en pension), se retrouve trait pour trait dans son double littéraire Félix de Vandenesse dans le Lys de la Vallée.

Samuel Beckett

Samuel Beckett, écrivain irlandais et auteur de la célèbre pièce En attendant Godot
Samuel Beckett, écrivain irlandais et auteur de la célèbre pièce En attendant Godot

Samuel Beckett est né en 1906 à Dublin en Irlande et mort en 1989 à Paris. Romancier, dramaturge et poète, il est connu pour son théâtre absurde (En attendant Godot est sa pièce la plus connue) et possède la particularité d’écrire à la fois la version anglaise et à la fois la version française de ses textes. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1969, qu’il refuse. C’est son éditeur qui va le chercher à sa place et redistribue une partie des gains.

Né dans une famille plutôt bourgeoise, Samuel Beckett suit un cursus scolaire mêlant sport et étude.
Le sport a une importance capitale durant son enfance et durant son adolescence, Samuel Beckett s’initie et pratique ardemment les échecs, le cricket, le tennis ou encore la natation.

Après l’école, de 1923 à 1927 il choisit de suivre des cours de langue française, anglaise et italienne au Trinity College de Dublin. Durant ce parcours universitaire, il s’initie aux écrivains français et anglais qu’il lit avec gourmandise. Il est notamment initié à l’œuvre d’Henri Bergson qui le marque fortement.
Ces lectures auront un grand impact sur sa culture personnelle et teinteront son œuvre littéraire. Au même titre que la découverte de l’œuvre de Dante qui fait bien plus que le marquer : il l’obsède !

À l’issue de ses études, il obtient une bourse de recherche et se rend en Italie et en France, voyageant çà et là, avant de devenir lecteur d’anglais à l’École Normale Supérieure à Paris.
Il fait la connaissance de James Joyce, écrivain irlandais qui l’influencera toute sa vie et en 1929 publie Dante… Bruno. Vico… Joyce, un essai dans lequel il défend la méthode et le travail de James Joyce.

Samuel Beckett nourrit son écriture de ses influences littéraires, de ses rencontres durant son parcours scolaire, mais également de ses propres révélations (il en a eu plusieurs, ce sont ces propres termes), comme la découverte de Dante ou l’appel de l’écriture révélé un soir de 1945 dans la chambre de sa mère, lui indiquant qu’il devait désormais se concentrer et écrire sur son propre manque de connaissances et sa propre bêtise pour sortir définitivement de l’ombre de son mentor, James Joyce.

 

Mario Vargas Llosa

L'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de Littérature en 2010.
L’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de Littérature en 2010.

Mario Vargas Llosa est né en 1936 à Arequipa au Pérou. Romancier, essayiste, il reçoit le prix Nobel de littérature en 2010. Il est connu pour avoir contribué à la littérature latino-américaine dans les années 1960 en se détachant du style romanesque dominant de l’époque (occidental) pour se consacrer à la construction des identités Sud-Américaines grâce à une narration mêlant Histoire, identité, et rêves.

Né dans une famille de la classe moyenne. Durant son adolescence, il rejoint l’académie militaire de Lima, car son père n’apprécie guère le goût de son fils pour la poésie. De cette mauvaise expérience, Vargas Llosa écrira un livre : La ville et ses chiens.

Il poursuit son cursus scolaire par l’étude de la Littérature et du droit et travaille comme correcteur et comme pigiste pour des articles sur le cinéma.
Ensuite, il reçoit une bourse de doctorat et s’envole pour Madrid où il soutient en 1958 une thèse sur le poète nicaraguayen Ruben Dario.

En 1959, il emménage à Paris et souhaite poursuivre ses études, mais il n’obtient pas de bourse. Il embrasse un temps la carrière d’enseignant d’espagnol, puis devient journaliste pour l’AFP. Il y découvre la littérature française. Il reste pendant près de 15 ans en Europe, voyageant de Londres à Barcelone et fréquente les milieux de gauche et les futures figures de la littérature latino-américaine comme Cortazar, Fuentes, ou Garcia Marquez.

De son parcours et de ses découvertes, Vargas Llosa est profondément marqué par le style de Balzac qui se retrouve dans son œuvre (le style est très dense et bouillonne d’observations).

 

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