Découvrir Bruxelles au Moyen-Âge

Qu’est-ce qu’une ville au Moyen-Âge ?

A quoi ressemblait Bruxelles au 13ème siècle ? Comment la ville était structurée et comment a-t-elle pu prendre son essor ?

Pour répondre à ces questions et comprendre la ville de Bruxelles au Moyen-Âge, nous allons utiliser un support pédagogique étonnant: la maquette de la ville présente dans la “Maison du Roi” (un musée sur l’Histoire de Bruxelles, situé sur la Grand Place, en face de l’Hôtel de Ville).

A cette maquette, nous allons poser des questions !

Maquette de la ville de Bruxelles au 13ème siècle. © Pixels In the bag

Face à toi, maquette, comment pouvons-nous dire que nous sommes dans une ville ?

• La présence d’une enceinte (longue de 4 kilomètres) matérialise ce qu’est la ville et ce qui est en dehors de la ville ; le faubourg.

• Déjà au 12ème siècle, Bruxelles est reconnue comme oppidum, c’est-à-dire comme ville.
Les marchés sont agencés autour de la Grand Place (et le seront jusqu’en 1950, d’ailleurs les rues du centre-ville, aujourd’hui, portent le nom des marchés qui se trouvaient à leur place auparavant).

Bruxelles donne lieu à une forte activité économique.

• La ville se développe grâce à la Senne qui permet le transit marchand.

Pourquoi vient-on s’installer sur les berges de la Senne ?

• Bruxelles connaît un véritable essor agricole entre le 10ème et le 12ème siècle.
La Senne étant une voie de transport et de communication naturelle, un port est construit sur le terrain marécageux. Le désir de la ville d’exporter est très fort.
La Senne mène à l’Escaut et donc au Port d’Anvers.

Comment nous montres-tu que Bruxelles est une véritable plate-forme marchande ?

• Le développement des voies de communication terrestres et maritimes va permettre à Bruxelles d’occuper une place importante dans le domaine commercial. Sa situation géographique lui confère beaucoup d’avantages.

En effet, la ville est située sur l’axe Louvain – Cologne.
Elle assure également la liaison avec Bruges, Gand, ou Namur via la Steenweg (première rue pavée en pierres).
Bruxelles a également des contacts économiques avec Mons, Halle et Paris.

Le Steenport assure quant à lui la liaison avec Anvers.

La pierre est très importante dans la construction, elle est synonyme de défense, contre l’incendie (par exemple), mais aussi de richesse ou de hiérarchie. Les « Patriciens » habitent les « steen », le peuple habite les maisons en torchis ou en bois.

Que pouvait produire Bruxelles, lesquels de tes éléments nous aident-ils à répondre à cette question ?

• Bruxelles produisait énormément de textiles et s’est vite immiscée dans le commerce de la draperie de luxe. Les draps étaient tissés avec de la laine.
La présence d’un quartier de teinturiers et de tanneurs permet d’attester cela.

• La présence de moulins nous permet d’observer le traitement des produits agricoles de la ville. Les champs produisaient du blé, le blé était moulu pour en faire de la farine, et ensuite la farine était utilisée dans la fabrication du pain.

• D’autres quartiers types étaient consacrés aux orfèvres et aux métallurgistes.

En t’observant de façon globale, que pouvons-nous dire de la constitution et du développement de la ville ?

Maquette de la ville de Bruxelles, © Musée du Roi, Bruxelles.be

• Bruxelles est constituée et subdivisée en différents quartiers. Ces quartiers sont tous regroupés autour d’une église.
Tous les quartiers ne sont pas reliés entre eux.

• Le développement de la ville s’est déroulé par quartiers et par étapes.

o Le bas de la ville, marécageux, a été asséché. Quelques quartiers s’y sont installés.

Pourquoi le château fort est-il situé à cet endroit, au dessus de la ville ?

o Le Comte de Louvain, Duc de Brabant, a choisi un point haut de Bruxelles pour y installer son château fort. Le choix de ce point est stratégique : il a une vue globale sur la ville et ne craint pas les inondation. De plus, la hauteur confère un aspect défensif à son fort, très utile pour se protéger des autres Comtés ayant des vues sur la ville au 13ème siècle.

Bruxelles devient donc un centre politique avec la présence du Comte.
Le haut de la ville est essentiellement politique, il contient les grands bâtiments. A l’heure actuelle également, on y retrouve le Palais Royal, la Société Générale, les ministères, etc.
Le bas de la ville est essentiellement populaire, et aujourd’hui également.

Représentes-tu une ville essentiellement politique ou d’autres édifices laissent-ils imaginer autre chose ?

o Bruxelles était également un centre religieux important. On y construit une grande église, Saint Michel et Gudule mais pas une cathédrale. En effet, l’évêché est situé à Cambrai. Au départ, le style est roman, cependant l’agrandissement de l’église, sa restauration et reconstruction sont faits en style gothique, comme nous le verrons plus tard.

o L’hôpital Saint Jean, est caractéristique de la ville. Il était réservé aux indigents, c’est-à-dire aux personnes trop pauvres pour l’aumône. L’essentiel était de les préparer à une mort chrétienne.

o L’Ordre des Franciscains était très présent à Bruxelles. Leur couvent était situé à l’endroit où se trouve la Bourse aujourd’hui. Ils avaient pour objectif d’être présents dans la vie du peuple.

Les habitants de Bruxelles étaient chrétiens alors ? Y avait-il des minorités ?

Jusqu’en 1370, il y avait un quartier juif à Bruxelles. Les juifs ne vivent pas à la campagne et sont essentiellement commerçants ou marchands. Ils fondent les premières institutions financières et font du crédit.
Il naît une hostilité vis-à-vis des juifs à cause de leur différence.
On distingue, d’ailleurs, sur la maquette un endroit appelé « l’escalier aux juifs », en mémoire à leur bannissement de la ville.

Quelles sont les différences fondamentales entre une ville d’aujourd’hui et une ville de l’époque ?

• Il n’y a pas de plan d’urbanisme de l’État, dans le Bruxelles du Moyen-Âge. Les rues ne sont pas pavées, par exemple.

• Il y a encore des activités agricoles au sein de la ville du Moyen-Âge.

Quelle est l’origine de la création de Bruxelles ?

• La ville a une origine fonctionnelle :

o L’origine est d’abord commerciale : présence du Port, des voies de communication, des quartiers commerciaux, etc.
D’un point de vue historique, on dit qu’en 979, Bruxelles est née parce qu’on a installé un castrum dans le bas de la ville. Or il n’existe pas de castrum. En réalité, les terres n’appartiennent à personne. Au départ, l’îlot n’existe pas. Il est créé pour actionner les moulins. De grands travaux hydrauliques sont entrepris
L’idée même de ville est économique.

o Il existe un pôle politique et un pôle religieux au sein même de la ville.

Et toujours d’un point de vue historique, y a-t-il un caractère « mythique » à la création de la ville ?

• La ville aurait été fondée par Charles de France. Remonter à lui, c’est une façon de glorifier la ville car il descend de Charlemagne.

Il n’y a pas de déterminisme, le château fort a été construit avant tout parce que Bruxelles devenait un pôle économique important et qu’il fallait contrôler, protéger et gérer cela.

Pour finir, peut-on te considérer comme un document historique ?

• Non, une maquette n’est pas un document historique. Il s’agit d’une reconstitution faite à partir d’écrits, de relevés démographiques (s’ils existaient), de représentations (peintures, gravures), et de plans (s’ils existaient).
C’est une excellente manière de se représenter dans l’espace une ville mais cela ne peut en aucun cas être considéré comme document historique. Une illustration complémentaire tout au plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

venenatis Curabitur ante. ut ipsum massa id venenatis, consequat.