Les 12 travaux d’Hercule / Héraclès

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Qui est Hercule ?

Héraclès (Hercule chez les romains) est un héros mythologique grec, fils de Zeus, roi des dieux, et d’une mortelle, Alcmène. Avant de pénétrer dans les brumes de ces fameux douze travaux, intéressons-nous un instant aux circonstances qui l’ont mené à vivre de telles aventures.
Ces circonstances commencent à sa conception.

Zeus souhaite avoir encore un fils. Pas n’importe quel fils. Un fils fort et endurant, capable de monts et merveilles, d’aventures et d’exploits.
En grand polisson, il jette son dévolu sur Alcmène, princesse de Mycènes et descendante de Persée, une mortelle. Pour mieux la séduire, il  prend les traits de son mari Amphitryon.

Héra, femme (et sœur) de Zeus ne le lui pardonne pas et use de tout son pouvoir pour jalonner d’embuches la vie d’Héraclès.
Elle retarde sa naissance, de quelques mois, afin de permettre à son cousin Eurysthée de naître avant lui et de prendre sa place dans l’ordre de succession du trône d’Argolide.
C’est dans son berceau qu’Hercules réalise son premier exploit: étrangler deux serpents envoyés par Héra pour l’assassiner.

Plus tard, il mène une guerre victorieuse contre le royaume d’Orchomenus en Béotie et épouse Megara, fille de Créon, roi de Thèbes.
Or… Héra n’est pas loin. Elle rend fou Hercule qui tue sa femme et leurs enfants.

Épris de remords, désespéré, il se rend à Delphes pour demander conseil à l’Oracle. La pythie lui explique que pour expier son crime, il doit servir son cousin le roi Eurysthèse durant 12 ans, et accomplir les travaux que le roi exige de lui.

Quels sont les douze travaux d’Hercule ?

  1. Tuer le lion de Némée
  2. Tuer l’hydre de Lerne, un serpent à plusieurs têtes
  3. Capturer la biche de Cérynie, une biche ayant la particularité de posséder des pieds d’airain, protégée par Artémis
  4. Capturer le sanglier d’Érymanthe
  5. Nettoyer les écuries d’Augias en un jour
  6. Tuer les oiseaux du lac Stymphale, qui mangent les hommes
  7. Capturer le taureau furieux de Crête
  8. Capturer les juments de Diomède, qui ont la particularité de se nourrir de la chair des hommes
  9. Rapporter la ceinture d’Hippolyte, reine des Amazones
  10. Tuer le monstre Géryon et voler son troupeau
  11. Prendre les pommes d’or du jardin des Hespérides
  12. Capturer Cerbère et délivrer Thésée des enfers
Illustration des 12 travaux d'Hercule.
Illustration des 12 travaux d’Hercule.

Comment retenir les 12 travaux d’Hercule ?

Afin de mémoriser les douze travaux d’Hercule, pensez à ceux deux phrases mnémotechniques:

Le lyonnais hideux bichonne cent écus oisivement torpillés.

Pour: Le Lion de Némée, l’Hydre de Lerne, la Biche de Cérynie, le Sanglier d’Érymanthe, les Écuries d’Augias, les Oiseaux du lac Stymphale et le Taureau de Crète.

Les juments ceinturent le troupeau du jardinier serbe.

Pour: La  Jument de Diomède, la Ceinture d’Hippolyte, le Troupeau de Géryon, le Jardin des Hespérides et Cerbère.

Quelle est l’histoire de chacun des douze travaux ?

1. Le Lion de Némée

Hercule terrassant le Lion de Némée, par Nicolas-François Chiffart, 19ème siècle.
Hercule terrassant le Lion de Némée, par Nicolas-François Chiffart, 19ème siècle.

Pour le premier des douze travaux, Eurysthée ordonne à Hercule de lui apporter la peau du Lion de Némée, lequel retient en otage des femmes dans sa tanière et leurre les guerriers des villes voisines qui tentent de les sauver. Après être entrés dans la grotte, le guerriers aperçoivent une femme en détresse et se précipitent vers elle. Une fois assez proches, la femme se transforme en lion et tue les guerriers, dévore leurs restes et offre leurs os à Hadès.

Hercule attaque d’abord le Lion avec ses propres armes: un arc avec quelques flèches, une massue faite à partir d’un olivier (qu’il a lui-même arraché du sol !) et une épée en bronze. Ces armes se révèlent inefficaces. Hercule se bat donc contre le Lion de Némée à mains nues et le tue en lui enfonçant son bras dans la gorge, l’étouffant et lui brisant la mâchoire. Ensuite, il essaye de lui retirer la peau, mais il n’y parvient pas. Aucun outil, aucune pierre, aucune épée ne permet de dépecer l’animal. C’est grâce à l’intervention d’Athéna qui lui souffle la solution qu’Hercule y parvient. Pour retirer la peau du Lion de Némée, il fallait utiliser ses propres griffes ! Hercule fait de la peau de cette créature son armure.

2. L’Hydre de Lerne

Le deuxième des douze travaux d’Hercule consiste à tuer l’Hydre de Lerne, une créature marine qui possède tellement têtes (ce nombre varie de 5 à plusieurs centaines en fonction des histoires !) que les artisans peintres de vases sont incapables de représenter. La particularité de l’Hydre est double: ses têtes se régénèrent lorsqu’elles sont tranchées, et elle possède une halène redoutable: elle est empoisonnée.

Mosaïque représentant le combat entre Hercule et l'Hydre de Lerne, 170-180 après J.-C.
Mosaïque représentant le combat entre Hercule et l’Hydre de Lerne, 170-180 après J.-C.

En s’approchant du lac de Lerne, Hercule couvre sa bouche et son nez pour se protéger des vapeurs et autres miasmes empoisonnés. Pour attirer l’Hydre, il tire des flèches enflammées vers le repaire de la créature: la source d’Amymone. Cela fonctionne ! L’Hydre sort en furie, Hercule brandit une faucille et coupe une première tête… mais elle repousse !
Hercule continue à couper les têtes de l’Hydre qui repoussent toujours plus vite. Il décide alors de demander de l’aide à son neveu Iolaos qui, probablement inspiré par Athéna, vient avec l’idée de cautériser rapidement les multiples cous de l’Hydre dès que les têtes sont tranchées pour empêcher leur régénération.

Hercule trempe ses flèches dans le sang venimeux de l’Hydre. Elles sont désormais encore plus redoutables.

Lorsque Eurysthée apprend qu’Hercule a demandé de l’aide pour réaliser sa tâche, il ne considère pas cet exploit comme validé.

3. La Biche de Cérynie

Hercule capturant la biche de Cérynie, amphore attique, 530–520 avant J.-C.
Hercule capturant la biche de Cérynie, amphore attique, 530–520 avant J.-C.

Eurysthée est très fâché de constater qu’Hercule a réussi à échapper à la mort lors des deux travaux précédents. Il décide de passer plus de temps à réfléchir à une troisième tâche plus difficile. Comme Hercule peut venir à bout des plus redoutables créatures, cette fois, il ne s’agit pas de tuer une bête mais d’en capturer une: la dernière biche d’Artémis, aux pieds d’airain. Tellement rapide qu’elle peut distancer les flèches.

Pendant près d’un an, Hercule poursuit la biche à travers la Grèce, la Thrace et l’Istrie, laquelle finit par s’épuiser et se réfugie sur le mont Artémission. Hercule parvient à tirer une flèche immobilisant l’animal sans le blesser et le charge sur ses épaules pour le remettre à son roi. En chemin, il rencontre Artémis et Apollon et en subit les foudres: les dieux l’accusent d’avoir maltraité la bête sacrée. Hercule explique alors l’obligation qui est la sienne et promet à Artémis de relâcher l’animal une fois sa tâche accomplie. La colère des dieux s’apaise et ils le laissent passer.

4. Le sanglier d’Érymanthe

Pour son quatrième travail, Hercule doit capturer le sanglier d’Érymanthe, un animal qui terrifie les villageois d’Érymanthe en Arcadie.
A l’instar de sa tâche précédente, Hercule passe beaucoup de temps à chasser sa proie. Il traque le sanglier pendant l’hiver et finit par identifier sa tanière. Pour l’attirer en dehors, il émet de grands cris, le sanglier sort et Hercule le pourchasse pendant des jours à travers la montagne, en lui jetant des pierres et les branches des arbres qu’il abat pour chercher la bête.

Il creuse un gigantesque trou et le remplit de neige: ce sera son piège. Il épuise le sanglier à force de lui courir après, et le déstabillise avec ses jets de pierre. Le monstre tombe dans le piège tendu par Hercule, ce qui a pour effet de l’étourdir. Hercule le ligote et le ramène à Eurysthée. Ce dernier, terrifié par le gigantesque sanglier saute dans son pot de chambre pour s’en cacher ! Hercule, quant à lui, offre la bête aux habitants de Mycènes. Le sanglier est tué sur la place du marché.

Hercule et le sanglier d'Erymanthe, peint par Eugène Delacroix, 1851-1854.
Hercule et le sanglier d’Erymanthe, peint par Eugène Delacroix, 1851-1854.

5. Les écuries d’Augias

Le cinquième travail d’Hercule consiste à nettoyer les écuries d’Augias en un jour. La raison d’être principale de cette tâche est avant tout de dégrader l’image d’Hercule auprès du peuple qui l’admire car il a réussi les quatre travaux précédents.

Hercule devant la tâche à accomplir aux écuries d'Augias, croqué par Honoré Daumier en 1852 dans le Charivari.
Hercule devant la tâche à accomplir aux écuries d’Augias, croqué par Honoré Daumier en 1852 dans “Le Charivari”.

Les écuries d’Augias ont une particularité: elles n’ont jamais été nettoyées !
En effet, son bétail est considéré comme un don divin, immunisé contre toute maladie, il est donc inutile de nettoyer les écuries. Cette tâche semble impossible, il y a plus de 3000 boeufs qui se laissent aller librement depuis plus de trente ans.
D’ailleurs Augias lui-même propose à Hercule un dixième de son bétail si il parvient à accomplir son travail.

Hercule détourne les eaux des fleuves Alphée et Pénée pour laver les immondices et le fange. Augias est furieux et n’honore pas son accord: il était persuadé qu’Hercule n’y parviendrait pas. Soutenu par tous ses fils sauf Phylée qui prend le parti d’Hercule, Augias chasse le héros de la ville.

Hercule lève une petite armée, marche sur la ville et tue Augias ainsi que tous ses fils, à l’exception de Phylée à qui il offre le royaume pour le remercier de sa loyauté.

Eurysthée refuse de reconnaître ce travail comme valide et accompli par Hercule, comme il l’a précédemment fait pour la victoire contre l’Hydre de Lerne, car il considère que le héros s’était arrangé avec Augias lequel lui avait proposé 300 boeufs. Aidé ou payé, ce n’est pas considéré comme un travail accompli.

6. Les oiseaux du lac Stymphale

Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale, sculpté par Antoine Bourdelle en 1909.
“Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale” ou “Hérakles archer”, sculpté par Antoine Bourdelle en 1909.

Ce cinquième travail consiste pour Hercule à tuer des oiseaux. Des oiseaux qui mangent des hommes ! Ces oiseaux sont les animaux de compagnie du dieu de la guerre Arès. Ils ont élu domicile autour du Lac Stymphale et dans la forêt qui le borde pour échapper à une meute de loups. Ces oiseaux, en plus de manger les hommes, ont la particularité de se reproduire rapidement, d’envahir les campagnes et de détruire les cultures locales et les arbres fruitiers.

Pour accomplir sa tâche, Hercule bénéficie du soutien d’Athéna, et d’Héphaïstos qui lui forge de grands battants en bronze. En frappant les battants l’un contre l’autre, Hercule fait beaucoup de bruit. Ce qui effraye les oiseaux, qui s’envolent et tombent parfois dans le lac
(et se noient !). Hercule décoche ses flèches et abat la majorité des oiseaux du Lac Stymphale.
Les quelques survivants ne sont jamais revenus en Grèce.

7. Le Taureau furieux crétois

Hercule et le taureau crétois, vase attique à figures noires, 480-460 avant J.-C.
Hercule et le taureau crétois, vase attique à figures noires, 480-460 avant J.-C.

Le septième des douze travaux d’Hercule est de rejoindre la Crête pour capturer le Taureau furieux. Ce taureau a fait beaucoup de ravages sur l’Île est incontrôlable. Le roi Minos donne la permission à Hercule d’emporter la bête. Hercule l’étrangle et l’amène à Athènes. Eurysthée apprenant la nouvelle propose de sacrifier le taureau à Héra. Elle refuse l’offrande car ce taureau reflète la gloire d’Hercule qu’elle haït toujours. Le taureau est ensuite relâché à Sparte, et à Marathon où il fait des ravages. Il sera plus tard capturé par Thésée.

Certains récits racontent qu’Hercule est envoyé en Crête pour tuer le minotaure.
Comme toujours dans la mythologie grecque, les histoires transmises oralement et écrites à différents endroits varient.

8. Capturer les juments de Diomède

Deux versions coexistent pour cette huitième tâche.
L’objectif est pour Hercule de capturer les juments de Diomède, roi de Thrace, et de les amener à Eurysthée, à Argos.

Diomède dévoré par ses chevaux, peint par Gustave Moreau en 1870.
Diomède dévoré par ses chevaux, peint par Gustave Moreau en 1870.

Dans la première version, Hercule est aidé par son amant Abdère lorsqu’il dérobe les juments. Ils sont pris en chasse par Diomède et ses hommes. Abdère se charge de conduire le troupeau pendant qu’Hercule combat Diomède. Incontrôlables, les juments font tomber Abdère et le dévorent. Hercule découvre qu’elles se nourrissent de chair humaine ! Furieux, il jette Diomède en pâture à ses propres juments, ce qui a pour effet de les calmer. Il parvient alors à les ramener à Eurysthée, roi d’Argos.

Dans la seconde version, Hercule coupe les chaînes qui retiennent les juments et les emmène sur une péninsule. Il creuse une tranchée à travers la péninsule qui, par la montée des eaux, la transforme en île. Lorsque Diomède arrive, Hercule le tue avec la hache utilisée pour creuser la tranchée et il donne son corps à ses juments. Il profite de cette occasion pour leur museler la bouche et les ramène à Argos.

9. La ceinture d’Hippolyte

La neuvième tâche d’Hercule est d’obtenir à la demande d’Admète fille d’Eurysthée, la ceinture d’Hippolyte, fille d’Arès et reine des Amazones.

Selon les versions, Hippolyte offre sans se battre sa ceinture à Hercule tant elle est intriguée par ses muscles et la peau du Lion de Némée; ou encore Hercule emprisonne Hippolyte et ne la libère que contre la ceinture; voire une troisième version où Hercule tue la reine Amazone car Héra le rend fou.

Hercule saisit la ceinture d'Hippolyte, peint par Eugène Delacroix en 1852.
Hercule saisit la ceinture d’Hippolyte, peint par Eugène Delacroix en 1852.

10. Le monstre Géryon et son troupeau

Le monstre Géryon est un géant à trois corps joints au niveau de la taille: deux jambes, six bras, trois troncs, et trois têtes.
Pour cette dixième tâche, Hercule doit se rendre en Erythée pour voler le bétail de ce monstre. Sur son chemin, il traverse le désert lybien où il fait très chaud. En colère, il décoche une flèche vers Hélios, le Soleil. Hélios, admiratif devant le courage de Hercule lui offre la coupe d’or qu’il utilise pour traverser la mer d’Ouest en Est chaque nuit.
Hercule l’utilise pour atteindre Erythée. Dès qu’il pose le pied sur cette terre, il est attaqué par un chien à deux têtes, Orthus. Frère de Cerbère !
Il le tue d’un seul coup avec sa massue-olivier.

Hercule combattant Géryon, vase attique aux figures noires, 480-460 avant J.-C.
Hercule combattant Géryon, vase attique aux figures noires, 480-460 avant J.-C.

Puis, un berger du nom de Eurytion vient à la rescousse du chien. Hercule le tue également.
Enfin, entendant toute cette agitation, Géryon armé de trois boucliers, trois lances et protégé par trois casques surgit pour attaquer Hercule. Il le poursuit jusqu’à une rivière où Hercule décoche une flèche qui transperce le casque et atteint le monstre en plein front. Cette flèche, trempée dans le sang mortel de l’Hydre tue le géant sur le coup.

Hercule s’empare alors du bétail retourne vers Argos pour le ramèner à Eurysthée. Héra tente de mettre des bâtons dans les roues de Hercule, elle envoie une mouche pour mordre le bétail qui se disperse. Hercule met un an pour le récupérer. Ensuite, elle provoque une innondation qui élève le niveau des rivières. Hercule utilise alors des pierres pour faire une sorte de petit pont et pouvoir traverser avec le bétail.
Hercule parvient à donner le bétail à Eurysthée qui le sacrifie à la gloire d’Héra.

11. Le Jardin des Hespérides

Rappelons qu’Eurysthée n’a pas tenu compte de deux travaux accomplis par Hercule; L’Hydre de Lerne (il a bénéficié de l’aide de son neveux) et les écuries d’Augias (il a été payé). Il décide donc de lui rajouter deux nouvelles tâches.

La première d’entre elles consiste à rapporter les pommes d’or du jardin des Hespérides. Jardin des nymphes du soleil couchant, filles d’Atlas et de Nyx. Ce jardin se trouve à l’extrême-occident du monde connu. Les fameuses pommes d’or sont un cadeau de Gaïa à Héra, dont les graines ont été plantées dans un verger sur les pentes du mont Atlas.

Pour trouver la localisation du jardin, Hercule demande des renseignements à Nérée, surnommé le “vieillard de la Mer”, un dieu primitif. Un dieu aux formes changeantes. Nérée reste vague, expliquant que le jardin se trouve à l’extrême Occident, là où le soleil se couche.
Profitant d’un moment d’inattention d’Hercule, il se métamorphose en serpent et disparaît entre deux pierres.
Hercule entreprend donc un voyage vers l’Ouest, dans l’optique de se rapprocher de cet endroit où le soleil se couche et de trouver le Titan Atlas, le seul à même de pouvoir lui donner la localisation précise des Hespérides.

"Hercules et Atlas", par Heinrich Aldegrever, 1550.
“Hercules et Atlas”, par Heinrich Aldegrever, 1550.

Lorsqu’il rencontre Atlas, après avoir franchi l’actuel détroit de Gibraltar, il est frappé par la grandeur du Titan, qui supporte le monde sur ses épaules. Atlas propose à Hercule un marché: il accepte de le conduire au jardin des Hespéride pour y prendre des pommes d’or si Hercule accepte en retour de le décharger de son fardeau et de porter le monde sur ses propres épaules.
Le héros décharge Atlas du poids du monde et ce dernier se rend dans le verger pour y cueillir les pommes.
Il revient vers Hercule et se propose d’aller lui-même donner les pommes à Eurysthée.
Hercule accepte à condition qu’Atlas reprenne l’espace de quelques instantes le poids du Monde pour qu’Hercule puisse s’adosser à un rocher afin d’être plus confortable.
Il a utilisé la ruse !

 

En effet, lorsqu’Atlas pose les pommes d’or et reprend le Monde sur ses épaules, Hercule les saisit et s’enfuit pour les ramener en Argolide.

12. La capture de Cerbère et la délivrance de Thésée

Le dernier des douze travaux d’Hercule est de capturer Cerbère, le chien à trois têtes, gardien de l’entrée des enfers. Chien d’Hadès, le dieu des morts et le souverain des enfers.

Hercule reçoit l’aide d’Athéna et de Hermès pour rejoindre la porte des enfers et passer le fleuve Styx. En chemin, Hercule aperçoit Thésée et Pirithoos, attachés par un lien magique à un banc en pierre. Les deux amis étaient descendus dans le tartare pour essayer d’enlever Perséphone, femme d’Hadès, lequel les avait punit par ce sort.

Grâce à sa force, Hercule parvient à détacher Thésée du sort qui le lie à la pierre… ou du moins une partie ! Le lien magique est si fort qu’une partie des cuisses de Thésée reste accrochée sur le banc. Il ne parvient pas à détacher Pirithoos qu’il est contraint d’abandonner sur place.

Il se rend ensuite devant le trône d’Hadès et de Perséphone et demandent la permission de prendre Cerbère, ce que les dieux acceptent à condition qu’il ne lui fasse aucun mal. Certains récits rapportent que Perséphone a donné son consentement car Hercule est son frère.

"La capture de Cerbère par Héraclès", par Hans Sebald Beham, 1545.
“La capture de Cerbère par Héraclès”, par Hans Sebald Beham, 1545.

Cerbère ne l’entend pas de cette manière et ne compte pas se laisser faire. Hercule doit lutter ! Il le saisit à la base de ses trois têtes pour l’étourdir, Hercule serre si fort que Cerbère finit par se soumettre et le suivre. Enchaîné, Hercule ramène Cerbère à Eurysthée qui comme à son habitude se cache en sautant dans son pot de chambre et ordonne à Hercule de renvoyer le chien aux enfers.

Il est rapporté que de la salive du chien qui tomba par terre lors de son transfert des enfers vers le royaume d’Argolide, naquirent les premières plantes vénéneuses, y compris le redoutable aconit mortel.

3 commentaires

    • Hello Ababakar,

      Bonne mémoire, il s’agit du poème “inventaire de cayes” paru dans son dernier recueil “Moi, Laminaire…”, il fait en effet mention aux “stymphanos”, terribles oiseaux de ce lac.

      J’en profite pour copier le poème ici avec sa typographie et sa mise en page d’origine, car c’est un véritable chef d’œuvre !

      Inventaire de cayes

      (à siffler sur la route)

      beaux

      …………beaux

      ……………………Caraïbos

      quelle volière

      ………………….quels oiseaux

      cadavres de bêtes

      …………………..cadavres d’oiseaux

      autour du marécage

      ………..moins moins beau le marécage

      ………..moins beau que le Maracaïbo

      beaux beaux les piranhas

      ………………….beaux beaux les stymphanos

      quant à vous sifflez sifflez

      (encore un mauvais coup d’Eschu)

      ……………………boca del Toro

      …………………..boca del Drago

      chanson chanson de cage

      adieu volière

      ………………….adieu oiseaux

      • Magnifique ! J’ai trouvé des informations sur ce poème, les voici:

        Ce poème appartient au dernier recueil publié de Césaire, Moi, laminaire (1982). Il trouve sa forme et son rythme dans la façon dont les sons de trois, quatre, voire cinq langues se croisent et se répondent. D’abord le français et le créole : ici les cayes du titre (ce sont, en créole, les rochers affleurant le niveau de la mer, des récifs à fleur d’eau), rencontrent la cage du français où les oiseaux se taisent, à la fin, en passant par le marécage, au centre du poème, qui inscrit l’une des constantes géographiques de la poésie de Césaire, la mangrove, le lieu horizontal, enchevêtré qui définit aussi une identité (avec l’algue laminaire (rimant avec l’inventaire de ce poème-ci et le nom de Césaire et formant par ailleurs une longue série avec légendaire, lagunaire etc.), le marigot, la gadoue, le pot-au-noir, le poto-poto, la pouture, le bayou, la tourbière, le vasard, la vasière…), lieu de l’indistinction et de la confusion qui s’oppose aux volcans et aux mornes, massifs eux aussi d’origine volcanique mais que le nom français aplanit, auquel le français ôte son énergie solaire : le mon’ créole est ainsi contredit par sa prononciation française et sa connotation principale en français (qui se traduit par sonm en créole), comme la cage contredit la volière et les cadavres d’oiseaux les oiseaux. Le français, le créole, l’espagnol, le grec, le yoruba ensuite, peut-être aussi le tupi-guarani à l’origine du nom piranha, qui inscrivent les stations du voyage, de l’Afrique aux côtes de l’Amérique du Sud, du Venezuela (le lac Maracaïbo) à l’archipel de Panama (Boca del Toro), à Trinidad (Boca del Drago) ; de l’héritage africain, le loa Eschu, dont Césaire fait un dieu-diable-dragon, à l’héritage grec, les Stymphanos, les oiseaux fabuleux du lac de Stymphale, qui se nourrissaient de chair humaine et qui furent tués par Héraclès. Le créole de Caraïbos et l’espagnol de Maracaïbo font chuter le sens de « beaux/ beaux » qui dès lors, comme « moins moins », deviennent cris d’animaux ou rythme de la route. Comment chanter ? Dans quelle langue ? Les prédateurs (piranhas, stymphanos, bouche de taureau, bouche de dragon) ont encagé les oiseaux qui savaient chanter. Il appartient donc au poète de redéfinir le lyrisme en fonction de ce déplacement, de la violence et de la privation. Et cette redéfinition passe par la rencontre des langues, à lire dans la perturbation qu’elle induit sur la langue dominante, dès lors à lire en plusieurs langues.

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