Le monde gallo-romain

Hors d’Italie, le monde romain est divisé en provinces. Chacune est administrée par un gouverneur romain. Au 2e s. ap. J.-C., les territoires conquis sont en paix. Les provinces sont prospères, Rome aménage des ports et des villes.

Les villes gallo-romaines

Hors d’Italie, le monde romain est divisé en provinces. Chacune est administrée par un gouverneur romain. Au IIème siècle après J.-C., les territoires conquis sont en paix. Les provinces sont prospères, Rome aménage des ports et des villes.

Carte de l'empire romain, peuples conquis, provinces, limes
Carte des provinces et territoires de l’empire romain à son apogée au IIème siècle ap. J.-C. Les limites de l’empire sont indiquées par la ligne “frontière” appelée le limes.

Rome laisse aux villes de l’empire une certaine autonomie. Par ailleurs, la citoyenneté romaine est donnée à un nombre croissant de provinciaux.
Les peuples vaincus ont ainsi l’impression d’être respectés et les révoltes sont rares.

Dans tout le territoire conquis, la main d’œuvre est bon marché. Elle est composée essentiellement d’esclaves et de soldats en garnison que les romains utilisent pour leurs travaux publics.

La Gaule romaine

La Gaule profite de la paix, l’agriculture, l’artisanat et le commerce se développe et de nombreuses villes sont construites. Les Gaulois ne souffrent pas de la domination romaine, ils adoptent même leur mode de vie, leur langue latine, tout en gardant certaines traditions gauloises: c’est pourquoi on les appelle Gallo-Romains.

Plan quadrillage ville romaine cardo decumanus forum
Plan d’une ville romaine type en quadrillage avec le cardo (du Nord au Sud) et du decumanus (de l’Ouest à l’Est) et le forum à leur intersection.

Les villes sont souvent construites selon un plan géométrique autour de deux grandes routes perpendiculaires, le cardo et le decumanus à l’intersection desquelles se trouve le forum. Elles sont parées de monuments de type romain.

Dans ces villes, même dans les campagnes environnantes, les provinciaux adoptent le mode de vie, la religion et la langue latine des Romains. C’est la romanisation.

Dans la campagne gauloise, sont construites de nombreuses villas : grands domaines agricoles.

Dans les grandes villes, se trouvent les vestiges des premiers immeubles à étages : les insulae.

Lyon capitale des Gaules

Fondée en 43 av. J.-C., Lyon (Lugdunum) est promue par Auguste capitale religieuse des trois Gaules (Narbonnaise, Lyonnaise et Belgique). A ce titre, elle voit chaque année des délégués des cités gauloises se réunir pour célébrer le culte de Rome et d’Auguste.

Principal nœud routier de Gaule, au confluent de la Saône et du Rhône, c’est aussi un grand centre commercial où se rencontrent des marchands de divers horizons et une base militaire pour les romains.
On y trouve forums, théâtre, odéon, cirque, et sanctuaire. Des vestiges de boutiques, de citernes, du théâtre, de l’odéon et de l’aqueduc du Gier qui conduit l’eau du massif central jusqu’à Lyon, témoignent de sa grandeur.

L’eau transportée se déversait dans la ville dans les fontaines publiques et les thermes.

La voirie

Les villes sont reliées par des routes jalonnées par des relais et des bornes indicatrices.

Rome aménage dans son empire des routes pavées.

Coupe d'une voie romaine pavée: fossé creusé, mortier posé au fond, recouvert de cailloux, de sable, et enfin de pavés.
Coupe d’une voie romaine pavée: fossé creusé, mortier posé au fond, recouvert de cailloux, de sable, et enfin de pavés.

Les voies romaines qui permettent aux légions de se déplacer rapidement et qui facilitent le commerce. Les fondations de chaque route sont identiques: un fossé est creusé dans la terre, rempli de pierres plates, surmontées de cailloux. Ces fondations sont recouvertes d’une épaisse couche de sable sur laquelle sont disposées des dalles. Chaque route est entourée d’un fossé. Dans les villes, ces fossés sont reliés aux égouts qui évacuent les eaux usées.

Dans les villes, les rues sont étroites et parfois éclairées par des lampes à huile ce qui favorise les risques d’incendies.

Des aqueducs sont construits pour alimenter les villes en eau : des conduites de plomb amènent l’eau aux fontaines et dans les bâtiments publics.

La vie sociale urbaine

Dans les villes Gallo-Romaines, les citadins fréquentent de multiples lieux de rencontre.

Les thermes

Les bains de vapeur et d’eau existent déjà depuis le Vème siècle av. J.-C. Cet établissement public ne répond pas seulement à des besoins d’hygiène et de santé: c’est le lieu favori de rencontre des citadins. Ils y vont pour entretenir leur corps dans des piscines d’eau chaude, tiède et froide, dans des salles de sport et de massage.

Théâtres et bibliothèques

Chaque ville possède sa ou ses bibliothèques où l’on peut entretenir son esprit dans des salles de lecture et de conférence.

Des édifices pour les spectacles comme les théâtres sont bâtis. Édifies à ciel ouvert, ils ont demandé un grand sens pratique et beaucoup d’ingéniosité de la part des concepteurs. Notamment pour résoudre les problèmes d’acoustique.
Les pièces, tragédies et comédies, sont jouées par quelques acteurs accompagnés d’un chœur; acteurs et choristes sont tous masculins. Ils portent des masques appropriés à leurs rôles. Les pièces de théâtre font l’objet de concours: l’auteur victorieux est couronné de lauriers.

Cirques et amphithéâtres

Les courses de chars

Les divertissements populaires les plus prisés par les romains sont des courses de char organisées dans des cirques. Une mosaïque découverte à Trèves montre Polydus vainqueur accomplissant un tour d’honneur avec son quadrige. La popularité de ces conducteurs de char est immense à l’époque.

Mosaïque Trèves Polydus course char quatre chevaux rome empire gladiateur
Mosaïque de Trèves montrant Polydus (son nom est inscrit au-dessus) et son char à quatre chevaux qui brandit son trophée. Le nom de son meilleur cheval “Compressore” est inscrit sur le bas de la mosaïque. IIIème siècle après J.-C.

Les combats de gladiateurs et de bâteaux

Les combats de gladiateurs, de bêtes sauvages ou parfois même de navires qui ont lieu dans les amphithéâtres attirent tout autant les foules.
Les gladiateurs sont des volontaires, hommes libres ou esclaves, qui vivent dans une école gladiatorienne. Ils y résident avec femme et enfants. Certains criminels sont parfois condamnés à être mis à mort dans l’arène: dans ce cas, les gladiateurs professionnels font office de bourreaux.
La brutalité de ces spectacles ne rebute pas le public qui adule ses vedettes.

La vie familiale et la maison

La famiglia

La famiglia romaine est composée de la maisonnée: les époux, les enfants et chez les plus aisés les esclaves, les affranchis et les clients.

Le mariage est le devoir de tout homme libre pour perpétuer la descendance. Les époux doivent s’acquitter de leurs tâches respectives: le mari s’occupe du travail extérieur, l’agriculture, le commerce et la participation à la vie publique; l’épouse s’occupe de la gestion de la maison, du domaine, des enfants ou des esclaves. Elle ne peut sortir seule.

Les romains s’étonnent que les Gaulois élèvent tous leurs enfants et n’en abandonnent aucun. En effet, les enfants pour faire partie de la société romaine, doivent être soulevés, c’est-à-dire acceptés par leur père qui par ce geste les reconnaît.  S’ils ne sont pas reconnus, ils sont abandonnés devant la porte du logis ou sur une décharge publique. Ils meurent ou sont recueillis et réduits en esclavage.

Les Gaulois ne portent qu’un seul nom, les Romains en ont trois : un prénom, un nom de famille, et un surnom (exemple: Marcus Tullius Cicéron – Cicero signifie en latin pois chiche, Cicéron avait-il des boutons sur la figure ?).

Dans nos régions, après la conquête, seules quelques personnes aisées ont adopté les coutumes romaines, les noms gravés sur des piliers funéraires sont majoritairement simples.

La maison

Le confort de la maison varie selon les régions. Sous le climat méditerranéen, la maison des privilégiés est pourvue d’une cour entourée de portiques: le péristyle.
Les Romains ont introduit en Gaule, le chauffage par brasero ou par hypocauste, les vitres et les tentures.

Le chauffage par hypocauste

Système de fonctionnement par hypocauste, schéma expliqué, chauffage par le sol des romains
Fonctionnement d’un système de chauffage par le sol ou par hypocauste. Ruines de Vieux-la-Romaine en Basse-Normandie. Une pièce en sous-sol est alimentée en charbon et en bois. La chaleur dégagée par le feu passe sous le sol (composé de différentes couches et sous-couches 3.), par le foyer (1.). La chaleur rayonne sous le sol, surélevé grâce aux pilettes (2.) et chauffe la pièce située au-dessus. Dans certains cas, comme dans les thermes par exemple, l’hypocauste permet de chauffer de l’eau.

Mobilier et hygiène

L’éclairage est assuré par des torches à l’extérieur du bâtiment, par des chandelles de suif ou des lampes à huile à l’intérieur.

Le mobilier en bois a généralement disparu, mais les fresques et bas-reliefs nous montrent des banquettes surmontées de coussins, des tables recouvertes de nappes.
Les Gallo-Romains apprécient les fauteuils ronds à dossier élevé souvent en osier tressé ; ils mangent assis et non couchés comme les romains.

L’hygiène est importante: de nombreuses demeures cossues sont équipées de toilettes et de bains privés. Les vestiges Gallo-Romains nous montrent une série d’objets comme des miroirs, des pots à onguents, des palettes à fard, des épingles à cheveux, des fioles à parfum, des pinces à épiler ou des peignes.

Comment s’habille-t-on dans le monde Gallo-romain ?

Les femmes sont vêtues de tuniques longues et se couvrent les épaules d’un châle ou d’un manteau drapé. La toge masculine n’est portée qu’en quelques occasions: cérémonies religieuses ou participation à une assemblée politique.

Dans nos régions, les hommes préfèrent le pantalon traditionnel Celte (les braies), le manteau en laine et parfois même une grosse écharpe.

Villa et vie rurale dans nos régions

Les vestiges d’innombrables villas retrouvés dans le Sud de la Belgique nous montrent l’importance de l’occupation romaine et de la civilisation nouvelle.
Située au centre d’un domaine aussi grand qu’un village actuel, la villa se divise en deux parties: l’habitation du maître et les bâtiments d’exploitation agricole avec le logement des esclaves.

Les Romains ont appris aux Gaulois l’art de bâtir en dur.

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