Comment acquérir la maîtrise totale de soi ?

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La maîtrise de soi est une qualité importante à cultiver si l’on veut véritablement conduire son destin. Il est facile d’observer que l’on peut classer les individus en deux catégories : d’une part, ceux qui semblent être le jouet des événements, qui paraissent subir leur destinée et qui dépendent des autres; d’autre part, ceux qui semblent décider de leur avenir, avoir un plan et s’y tenir; être totalement indépendant de l’opinion ou de l’action des autres et dominer les événements au lieu d’en être l’esclave. Les premiers disent qu’ils n’ont pas de chance, et des
seconds on dit que tout leur sourit…

En réalité, il n’y a là ni malchance pour les uns, ni chance pour les autres. C’est uniquement une question d’attitude dans la vie. Ceux qui ne possèdent aucune maîtrise de soi accusent la malchance, les événements ou les autres, de tous les malheurs qui leur surviennent. Celui qui est maître de lui, au contraire, sait qu’il est responsable de ses succès comme de ses échecs ; il ne cherche pas ailleurs les responsabilités qui lui sont propres. Il réussit généralement facilement (au moins en apparence) parce qu’il a l’habitude de se maîtriser lui-même, première condition à remplir pour dominer les événements et contrôler son destin.

Examinons de plus près, face aux diverses circonstances de la vie, l’attitude de celui qui est maître de lui et celle de celui qui est dominé par ses instincts, par les autres, et en conséquence par les événements :

Le premier :
Le second :
Se fait remarquer par son attitude extérieure énergique, calme, posée.
Donne l’impression d’un certain laisser-aller, voire d’une certaine mollesse, ou au contraire d’une agitation stérile.
Résiste aux jouissances immédiates et réfléchit à ce qui est le plus profitable à long terme .
Se laisse tenter par toutes les satisfactions immédiates, résiste mal aux impulsions, aux envies.
N’accepte une information ou une opinion qu’après en avoir froidement analysé le bien-fondé.
Se laisse convaincre facilement par les autres (que ce soit par les médias ou par son entourage).
Sait se montrer persévérant et tenace lorsqu’il s’est fixé un objectif ; il va au fond des choses et jusqu’au bout.
Manque de ténacité lorsqu’il a un objectif à atteindre se montre souvent superficiel et trouve de bonnes raisons pour interrompre son effort.
Maîtrise son corps : il s’impose volontiers de l’exercice physique, contrôle son poids, évite les excès alimentaires, se méfie de l’alcool, des drogues, des habitudes telles que le tabac, le jeu, etc.
C’est son corps qui le maîtrise : rejette volontiers la fatigue physique occasionnée parle sport, aime être couché ou assis, ignore les régimes alimentaires, abuse facilement des plaisirs de la table, de la boisson, du tabac, voire du jeu.
Résiste facilement aux sentiments de vanité, de jalousie, d’envie, de haine ; en tout cas, il les contrôle suffisamment pour ne pas les laisser
transparaître.

Est facilement la proie de ses sentiments : vanité, désir de paraître, jalousie, colère, haine. Se contrôle mal et laisse extérioriser ces
sentiments intérieurs.

Résiste aux grandes passions qu’il sent naître en lui.
Se laisse aller à des excèslorsqu’il est le siège d’une grande passion.
Contrôle totalement ses paroles ; celles-ci ne dépassent jamais sa pensée. Il sait être discret, respecte le secret des confidences qu’on a pu lui faire.
Connaît souvent des excès de langage qu’il regrettera ensuite ; il manque souvent de discrétion et subit les conséquences d’un bavardage excessif.

Cherche à s’améliorer et à acquérir avec les années un plus grand contrôle de soi, plus de sagesse.

N’imagine pas que l’on puisse par la volonté lutter contre ses défauts et les remplacer par des qualités.
Se sent pleinement responsable de ses actes bons ou mauvais.
Accuse volontiers les autres ou les circonstances des mécomptes qui lui adviennent.
Exerce volontairement ou non une influence considérable sur son entourage.
Subit toutes les influences, sans même en être conscient.
S’accepte tel qu’il est et lutte contre ses faiblesses ou lacunes par un effort de volonté.
Fait parfois de la mythomanie dans le but de donner de lui-même une image différente de la réalité.
Compte exclusivement sur lui-même, sur ses efforts, pour assurer sa réussite.
Cherche dans la chance, le hasard, les relations, la réussite de ses projets.


Si par hasard vous avez l’impression d’avoir plus souvent les attitudes de la colonne de droite plutôt que celles décrites à gauche, ne vous inquiétez surtout pas. Et cela pour deux raisons :


La première raison, c’est que la nature humaine spontanée, normale, nous pousse tout naturellement aux attitudes du laisser-aller ; il est tellement plus facile de répondre aux sollicitations d’agrément et de jouissance qui s’offrent à nous ; il est tellement plus agréable de profiter de la bonne chère que d’y résister, et on se sent si bien après un verre ou deux d’apéritif ! Il est tellement plus facile de laisser sa colère s’extérioriser que de la contenir ; il est tellement plus simple de prendre un tranquillisant ou d’allumer une cigarette, que de lutter par des moyens psychologiques ou psycho-physiologiques contre l’angoisse ; il est tellement plus simple d’absorber les informations de la télévision plutôt que de lire un journal avec attention et un oeil critique ; il est tellement plus rassurant de rejeter la responsabilité de nos ennuis sur la faute, l’agressivité, la négligence des autres, plutôt que de battre sa coulpe ; il est tellement plus simple d’attribuer nos échecs à la malchance et le succès des autres à une chance insolente. La tendance naturelle (et il n’y a là rien de culpabilisant) c’est d’aller vers la facilité ; l’attitude contraignante, artificielle, c’est de S’astreindre à une totale maîtrise de soi. Malheureusement, tout progrès réalisé par l’homme depuis la création, s’est traduit par une lutte contre la nature extérieure (progrès technique) ou contre sa nature propre (progrès moraux, civilisation). La bonne voie, c’est celle de la difficulté hélas ! C’est la lutte et l’effort qui seuls peuvent nous permettre d’acquérir une personnalité supérieure.

Il n’entre ici aucune considération morale, mais la simple recherche de l’efficacité personnelle. Seul celui qui acquiert une parfaite maîtrise de soi peut espérer accéder à un niveau élevé de réussite personnelle ou professionnelle.

La deuxième raison de ne pas vous inquiéter est que la maîtrise de soi s’acquiert assez facilement par un entraînement adéquat et des efforts bien dirigés. Nous venons de montrer que la maîtrise de soi n’est pas une chose naturelle. Ce n’est donc pas (à de rares exceptions près) une attitude innée. Bien sûr, par leur tempérament, certains y sont plus facilement portés que d’autres. Celui qui est très nerveux et très sensible aura plus de mal à se contrôler qu’un être peu sensible et lymphatique. Mais, quel que soit votre caractère et quelles que soient vos tendances naturelles, soyez assuré que par un simple effort de votre volonté vous acquerrez la maîtrise de vous-même, vous dominerez vos émotions, vos sentiments, et garderez en toutes circonstances votre calme. Votre volonté se développera et vous saurez atteindre vos objectifs avec persévérance. “Mais, direz-vous, s’il s’agit d’un effort de volonté, je ne réussirai pas, car manquant de maîtrise de moi, je manque aussi de volonté.” Rassurez-vous encore, la volonté se cultive et les premiers efforts que nous vous demanderons seront extrêmement légers. Peu à peu, vous acquerrez un peu plus de maîtrise de vous, d’où plus de volonté, ce qui vous donnera la possibilité d’améliorer encore ladite maîtrise de soi, etc. C’est le contraire du fameux cercle vicieux! Ici, plus le temps passera, plus vous aurez de volonté et d’empire sur vous-même. Il vous sera alors facile de passer à l’échelon suivant. Relisez bien cette première leçon et répétez-vous ceci :

La maîtrise de soi n’est pas innée ; tout le monde peut l’acquérir !

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J.-C. Michel
A collaboré à la première version de JeRetiens en 2007. Aujourd'hui, son site n'est plus en ligne, nous avons choisi de republier les textes pouvant être récupérés. Ses textes lui sont intégralement crédités.

1 commentaire

  1. Je suis favorable à la maîtrise de soi mais cet article me parait trop schématique. Je trouve qu’il n’est pas bon de trop interner ses sentiments. Ainsi, de temps en temps, il vaut mieux extérioriser ses émotions que de les interner. De plus, faire des excès occasionnellement ne fera certes pas avancer la vie professionnelle mais permettra d’améliorer son bien-être et de se sentir plus heureux. Bref, je suis pour la maîtrise de soi (moi-même étant plutôt “maître de moi”) mais je pense qu’il faut s’autoriser des excès, s’autoriser à se “libérer” (manger en excès, danser…).

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