Lutter contre ses défauts !

Nous avons vu, dans la première leçon, que nous avons en nous, de nombreuses tendances naturelles qui sont à l’opposé de la maîtrise de soi. C’est dommage, mais nous sommes ainsi faits.

Il faut donc lutter contre un certain nombre de défauts qui nous empêchent d’être maître de nous.

Passons-les en revue et voyons comment les combattre;

1. le laisser-aller : Il se traduit par une attitude passive devant les événements. En général, il va de pair avec une négligence corporelle ou vestimentaire. Celui qui possède la maîtrise de soi n’est pas passif devant les événements son attitude physique est celle de l’énergie : il se tient droit, il a une poignée de main ferme (mais sans excès), il articule bien, il a une apparence soignée parce qu’il a la volonté de répéter chaque jour, malgré leur monotonie, les gestes de toilette ou d’entretien vestimentaire nécessaires. Il ne perd pas de temps à rêvasser, vautré dans un fauteuil, mais tire profit de chaque minute, ce qui ne l’empêche pas de prendre aux heures de son choix le délassement dont il a besoin. Lorsqu’il lit ou écoute de la musique, il n’est pas avachi, ramolli. Il garde, même dans la détente, une attitude contrôlée. Le laisser-aller mental se combat donc en luttant d’abord contre tout laisser-aller physique.

2. la jouissance immédiate : Celui qui ne sait pas résister à ses impulsions est tenté de satisfaire immédiatement les mille et un désirs qui naissent en lui. Il fait chaud, il ne résiste pas à la boisson glacée ou au sorbet dont il a envie. Il désire une cigarette, et bien qu’il sache qu’il fume trop, il l’allume aussitôt. Il travaille chez lui, mais on l’appelle au téléphone : il cesse de travailler pour répondre à la sollicitation d’un ami qui veut se distraire, etc.

Celui qui est maître de lui résiste aux sollicitations et réfléchit avant de céder ; tantôt il cédera en toute connaissance de causes, tantôt il ne cédera pas. Il faut s’entraîner à résister aux multiples tentations qui s’offrent à nous. Il ne s’agit pas de vivre en ascète et de vous refuser tout agrément, mais il faut réfléchir à votre attitude générale dans ce domaine. Avez-vous tendance à résister ou au contraire cédez-vous trop facilement à la tentation ? Pour commencer une rééducation dans ce domaine, il faut s’astreindre à des efforts minimes, donc faciles. Exemple : vous marchez, vous avez froid car c’est l’hiver. Vous avez, au bout d’un moment, envie d’une boisson chaude. Au lieu d’entrer immédiatement dans un café, regardez l’heure et différez de cinq minutes la satisfaction de ce besoin. C’est facile et, en multipliant les “reports” de cette sorte, vous contrôlerez de mieux en mieux les petites impulsions, les désirs de jouissance, de satisfactions, de plaisirs immédiats.

La maîtrise de soi commence avec des contraintes aussi simples que celles-là. Tout le monde peut facilement arriver à différer ainsi de quelques minutes la satisfaction d’un désir.

3. l’inactivité : Prendre l’habitude de rester inoccupé sans en souffrir, est extrêmement néfaste. Cela fait évidemment partie des attitudes de laisser-aller que nous avons déjà évoquées. L’inactivité engendre la paresse qui provoque l’inaction ! C’est un cercle vicieux.

Il faut à cet égard observer deux choses : d’une part, pendant l’adolescence, les étudiants ont dans de nombreux pays cinq mois de congé par an (sans parler des samedis et dimanches) ; cela n’est pas fait pour créer et entretenir le goût de l’activité. De sorte que beaucoup trouvent ensuite fort pénible les conditions de travail qui sont celles de la vie économique moderne : cinq semaines de congé (moins en Suisse) au lieu de cinq mois, cela peut sembler l’enfer. Il faut du temps pour se rééduquer. D’autre part, la puberté et l’adolescence sont des périodes de la vie où l’organisme est soumis à une transformation profonde qui provoque une grande fatigue. Entre 14 et 22 ans, on se sent facilement très fatigué, et on éprouve un besoin physique d’inactivité. Cela n’a rien d’anormal, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire quelques efforts pour lutter contre cette nonchalance naturelle.

Mais le drame c’est de conserver au-delà de 23, 24 ou 25 ans, ces habitudes d’inaction. Arrivé à l’âge adulte, l’homme doit se réaliser par son activité. Il faut donc prendre de bonnes habitudes assez vite si l’on ne veut pas rester inactif toute sa vie. Et lorsque le mauvais pli a été pris, le travail fait réellement souffrir. Qu’y a-t-il de plus pénible que de devoir travailler pendant quarante ans si ce travail est une contrainte permanente rendue inévitable par le besoin de gagner sa vie !

L’homme qui est maître de lui n’a généralement pas de problèmes de cet ordre. L’activité lui est familière et elle lui procure des satisfactions. Il n’en souffre pas, il l’apprécie.

Luttez donc contre l’inactivité. Refusez de rester un quart d’heure ou une demi-heure inoccupé. Ne tuez pas votre temps à entendre une musique que vous écoutez à peine, ou à regarder un programme de télévision que vous subissez passivement. Et passionnez-vous pour ce que vous faites. Plus vous vous sentirez concerné par votre travail, plus vous y prendrez intérêt, et plus il vous semblera facile de l’accomplir. Vous ne sentirez pas le temps passer. N’hésitez pas à augmenter la durée de votre travail pour atteindre vos objectifs. Ne mesurez pas votre effort.

Notez bien que ces considérations ne se veulent absolument pas moralisantes ; elles sont uniquement dictées par le désir de vous aider à être plus heureux et plus efficace dans la réalisation de vos objectifs.

Par conséquent, vous mettrez en pratique ces conseils très simples :

  • n’acceptez pas de rester inoccupé en dehors des heures de détente que vous aurez préalablement fixées.
  • ne vous laissez pas distraire de votre travail lorsque vous avez décidé de vous y consacrer.
  • habituez-vous à vous donner à fond à votre travail, et travaillez davantage.

Et après vous être bien pénétré de cette leçon, retenez ces règles afin de les mettre en pratique :

  • luttez contre toutes les formes de laisser-aller
  • refusez les jouissances immédiates : différez-les
  • rejetez toute forme d’inactivité : travaillez mieux et plus

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