Les bourdons font-ils du miel ?

Les bourdons sont membres de la famille des Apidés, tout comme l’abeille mellifère célèbre productrice de miel. D’ailleurs abeilles et bourdons se ressemblent quelques peu ne trouvez-vous pas ? Ils butinent les fleurs et sont couverts d’une dense pilosité. Mais pour autant les bourdons sont-ils capables de produire du miel ? Et si cela est le cas, pourquoi ne trouvons-nous pas du miel de bourdons sur les étalages des épiceries et des supermarchés ? Cet article se propose de répondre à la question qui vous a mené jusqu’ici.

Rendons justice aux bourdons

Les bourdons sont de sympathiques insectes poilus, qui fréquentent les jardins, les potagers et les vergers d’Europe. C’est d’ailleurs dans les régions de haute latitudes que l’on rencontre le plus grand nombre d’espèces. On retrouve même certains bourdons au-dessus du cercle polaire arctique. On connaît 35 espèces de bourdons en France, dont quelques unes sont très rares, mais le plus commun est Bombus terrestris ou bourdon des terriers.

Les bourdons sont particulièrement appréciés des jardiniers qui voient en ces cousins des abeilles de formidables pollinisateurs. Les horticulteurs producteurs de tomates et autres concombres font souvent appel aux services gracieux des bourdons. Il est de plus en plus fréquent d’installer des ruches à bourdons au milieu des champs ou sous les serres des maraîchers. Pour de nombreuses cultures, les bourdons sont bien plus appréciés que les abeilles, car :

  • les bourdons sont assez casaniers et habitués à butiner à proximité de leur colonie
  • une même ouvrière reste généralement fidèle à la même espèce florale sur un même secteur durant toute sa vie
  • lorsqu’il butine une fleur, le bourdon produit une forte vibration qui conduit à une pollinisation efficace

Ainsi, lorsque vous achetez une belle tomate bien ronde, il est fort probable qu’un bourdon soit passé sur la fleur dont elle est issue.

Si l’on parle du bourdon au masculin, il faut préciser que la plupart de ceux que vous observerez dans la nature sont des femelles stériles. Ces ouvrières ont pour mission de récupérer du nectar et du pollen sur des fleurs et de les rapporter à leur nid. Ces ressources sont indispensables pour nourrir : 

  • les adultes restés dans le nid et en particulier l’unique femelle reproductrice, la reine. 
  • les larves qui sont totalement dépendantes des soins attentifs de leurs nourrices.

Les mâles bourdons ont comme rôle principal de s’accoupler avec les reines vierges. On ne les rencontre donc que très rarement. Puisque nous parlons de ces messieurs, précisions qu’il ne faut pas confondre bourdon et “faux-bourdon”. Ce dernier terme désigne le mâle chez l’abeille mellifère.

D’accord, mais les bourdons produisent-ils du miel ?

Le miel est une substance visqueuse qui peut se conserver pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Des archéologues ont retrouvé dans la tombe d’un pharaon du miel ancien de 3500 ans ! 

Le rôle du miel est de permettre la survie d’une colonie d’abeilles durant les épisodes de disette. En hiver, il faut souvent trop froid pour que les insectes s’aventurent en dehors de leur nid et butinent. Et durant certaines périodes de l’année, les floraisons peuvent se faire rares et ne pas permettre à la colonie de couvrir ses besoins. C’est par exemple le cas dans les régions méditerranéennes où les floraisons estivales sont rares. 

Les abeilles doivent donc produire suffisamment de miel durant les périodes de floraison pour “joindre les deux bouts” et permettre à la colonie de survivre d’une année à l’autre. Car lorsque les conditions météorologiques deviennent défavorables, il faut nourrir plusieurs milliers de bouches. Si la colonie vient à manquer de miel, elle peut tout simplement mourir de faim.

Le miel est stocké dans les alvéoles des rayons. Une fois son élaboration achevée, il est couvert d’une fine pellicule de cire pour le mettre à l’abri de l’humidité. Cette substance sucrée est à disposition des individus affamés. Mais aussi de l’apiculteur, qui veillera toutefois à laisser plusieurs kilogrammes à la colonie.

Le miel est un produit très riche en sucres, mais qui contient peu d’eau. Cette teneur en eau est généralement inférieure à 18 %. Car au-dessus de 20 % d’eau, ce précieux liquide doré est à la merci des levures et autres microorganismes qui se feront une joie de le fermenter. Ceci explique pourquoi le miel peut être garder plusieurs années à condition d’être stocké à l’abri de l’humidité, dans un contenant hermétique.

Mais les bourdons ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes que les abeilles. Ils n’ont pas besoin de constituer des réserves pour nourrir leur colonie durant l’hiver. Parce tous les membres de la colonie à l’exception des jeunes reines vont mourir à l’automne. 

Le nid des bourdons ne dure donc qu’une seule année. Et les futures génitrices passeront l’hiver au repos à l’abri d’une écorce, sous un tas de bois ou dans un terrier abandonné. Et au retour des beaux jours, les jeunes reines bâtiront chacune une nouvelle colonie.

Un nid de bourdons, habitat naturel du bourdon
Un nid de bourdons déterré dans un jardin.

Ainsi, les bourdons ne produisent pas de miel à proprement parler. Mais ils stockent dans des alvéoles un nectar sous une forme concentrée. Les besoins énergétiques de la colonie sont alors couverts à brève échéance et ce liquide sucré ne se conserve pas longtemps. Vous ne trouverez donc pas de miel de bourdons. 

Pour produire du miel vous devez élever des abeilles

Si vous êtes déçu de ne pouvoir vous lancer dans la production de miel de bourdons, vous pouvez toujours réfléchir à la possibilité de pratiquer l’élevage des abeilles. 

En France, la législation est favorable à la pratique de l’apiculture de loisir. Il est même possible d’installer des ruches sur le toit de son immeuble en suivant toutefois quelques précautions, comme les distances minimales entre les ruches et le voisinage et autres lieux de passage. Mais bien entendu, il est plus facile d’installer son rucher sur son jardin ou sur un terrain que l’on vous aura prêté.

L’apiculture – si elle est accessible au plus grand nombre – demande des connaissances techniques et la maîtrise de nombreux gestes. Car une ruche accueille des insectes qui demandent des manipulations délicates, ainsi que des soins particuliers. Dans de mauvaises conditions d’élevage, une colonie peut contracter des maladies et périr. Pour obtenir de bons résultats et récolter du miel, vous devez donc vous former auprès de personnes expérimentées. 

Il est possible de se former à l’apiculture au sein d’un rucher école. C’est-à-dire d’une structure associative qui assure la formation de ses membres. Il existe de nombreux ruchers écoles en France et à l’étranger. Mais vous pouvez aussi compléter votre apprentissage en vous formant à distance et depuis internet. Pour cela, consultez le site www.apiculture.idlwt.com

Le saviez-vous ?

Pour qu’une colonie d’abeilles engrange un kilogramme de miel, les butineuses ont dû parcourir 150000 kilomètres ! Soit quatre fois la circonférence de la terre. Et elles auront visité prêt d’un million de fleurs. Ainsi, si vous souhaitez obtenir suffisamment de miel de vos ruches, il est important d’installer votre rucher dans une zone riche en plantes mellifères. 

Sachez que c’est le premier kilomètre autour de vos ruches qui a le plus d’importance. Même si les abeilles sont capables de parcourir plusieurs kilomètres pour visiter des fleurs. Des chercheurs ont même retrouvé une abeille qu’ils ont marqué à plus de 10 kilomètres de sa ruche.

Nous espérons que la lecture de cet article vous aura été agréable. Pour ma part, j’ai pris beaucoup de plaisir à le rédiger. Je vous souhaite une bonne continuation et beaucoup de curiosité.

Jean-Michel Dupuyoo
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