La Chine sous Mao Zedong, de 1949 à 1976 (1/2)

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La Chine sous Mao Zedong

Cet article est rédigé sous forme d’une courte dissertation, non parfaite, mais contenant de nombreuses informations qui vous seront sûrement utiles, pour mieux comprendre et connaître les événements qui se sont déroulés en République populaire de Chine (RPC) durant les années 1949 à 1976, c’est-à-dire sous Mao Zedong (1893-1976).

En 1949, lorsque Mao Zedong arrive au pouvoir, la Chine est principalement rurale et pauvre, il impose alors un régime de coercition (éducation idéologique, propagande), c’est le maoïsme, une adaptation du marxiste (d’origine soviétique) à la situation chinoise, qui dénonce par ailleurs « l’impérialisme occidental ». Toutefois, grâce à la révolution culturelle que mène Mao, ce régime généralise l’accès aux soins, à l’éducation, et cherche à moderniser la RPC notamment avec la politique économique du « Grand Bon en avant » ; mais les progrès sont insuffisants, les famines font des dizaines de millions de victimes, c’est un échec économique.

Après la mort du Grand Timonier (Mao Zedong) en 1976, son successeur marque une rupture, en effet, Deng Xiaoping libéralise et ouvre la Chine aux investissements étrangers, la croissance s’accélère, permettant ainsi à la Chine de devenir en 2010 la 2e puissance économique mondiale, puis la première en 2014, et un acteur majeur dans les relations internationales.

Ainsi, nous pouvons nous demander comment la Chine populaire s’est-elle imposée sur la scène internationale de 1949 à 1976 ?

I) La RPC, un État dans l’orbite soviétique

Le 1er octobre 1949, à Pékin, du balcon de la Cité interdite des anciens empereurs, Mao Zedong (jusqu’à lors chef du PCC depuis 1935) proclame l’avènement de la République populaire de Chine (RPC).

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Cette prise de pouvoir met fin à une longue période de guerre civile marquée par l’invasion japonaise (guerre sino-japonaise (1937-1945)), ainsi que par la Longue Marche (périple de plus d’un an, mené par l’Armée rouge chinoise et par le Parti communiste chinois (PCC) pour échapper à l’Armée nationale révolutionnaire du Guomindang (de Tchang Kaï-chek) durant la Guerre civile chinoise (1946-1949), à la suite de laquelle le PCC remporte, et le Guomindang s’exile sur l’île de Taïwan.

En 1950, la RPC se rapproche de l’État marxiste (URSS de Staline), notamment avec des accords ferroviaire et financier, ainsi qu’avec le traité de l’amitié en 1950. La RPC adopte alors un modèle similaire à celui des soviétiques et reçoit des aides de Moscou.

traité_amitié_staline_mao_zedong_1950_URSS_RPC

De plus, la Guerre-Froide permet à la Chine de s’affirmer en Asie, Pekin soutient notamment la ligne pour l’indépendance du Viêt Nam, le Việt Minh, pendant la guerre du Viêt Nam (1955-1975), la RPC intervient aussi dans la Guerre d’Indochine (1946-1954), et dans la Guerre de Corée (1950-1953) ; ce qui lui permet de négocier des accords de fin de conflits.

La Chine revendique par ailleurs des territoires d’Asie, anciennement intégrés à l’Empire Chinois, c’est ainsi qu’en 1950 la RPC envahit le Tibet, et l’URSS rend des zones que la Russie tsariste avait annexé à la RPC.

Toutefois, cette affirmation n’est pas totale, Mao Zedong voit sa requête d’annexer la Mongolie repoussée par Staline, et la RPC ne peut pas récupérer ses deux ports stratégiques du sud, Hong Kong (sous l’administration britannique) et Macao (portugaise), ni l’île de Taiwan protégée par les États-Unis.

II) La RPC connaît un relatif isolement

En URSS, après la mort de Joseph Staline en 1953, un processus de « déstalinisation » est lancé en 1956 (c’est la politique qui met fin à la terreur stalinienne, au culte de la personnalité, et à la grandeur du régime communiste), cette politique est alors vivement critiquée par la RPC, en plus de la politique étrangère que mène l’URSS afin de se rapprocher des États-Unis, que l’on nomme la coexistence pacifique.

déstalinisation_1956_URSS_union_soviétique_coexistence_pacifique

Mao Zedong rejette alors le modèle soviétique en l’accusant de vouloir rétablir le capitalisme, et lance la politique économique du « Grand Bon en avant » (1958-1961), qui consiste à faire disparaître les propriétés privées au profit de la collectivité industrielle et agricole, du partage des terres et des biens (mais où l’emploi massif de la main-d’œuvre n’a pas réussit à compenser le manque de matériel, de capitaux et de cadres expérimentés, et où la délocalisation et dispersion des usines dans les campagnes a également réduit la production industrielle en terme de qualité et de quantité).

En 1958, Kroutchev critique la RPC à Pekin ce qui marque en 1960 la fin officielle des aides venant de l’URSS. En 1962, la Chine accuse l’URSS de trahison quand celle-ci retire ses missiles de Cuba sous la pression des États-Unis, et en 1964 la première bombe atomique lancée par la RPC commence à inquiéter l’URSS.

En 1969, des incidents éclatent aux frontières entre la RPC et l’URSS, notamment sur l’île Zhenbao (située sur l’Oussouri), où ont eu lieu des litiges territoriaux, et des combats sanglants entre les armées des deux camps. Ce conflit sino-soviétique fit même craindre le déclenchement d’une troisième guerre mondiale.

Après cette rupture avec l’URSS, l’Albanie est l’unique pays marxiste soutenant la RPC, il est alors question pour la Chine d’étendre son influence et de séduire de nouveaux États du Tiers-Monde, ainsi elle condamne de plus en plus le colonialisme (comme cela a déjà été le cas avant les tensions sino-soviétiques, en 1955 à la conférence de Bandung). Certains pays acceptent alors les aides de Pékin, comme la Somalie ou la Guinée en Afrique ; cependant la Tanzanie est le seul pays à s’inspirer du modèle chinois pour développer son agriculture, et malgré le soutien de la RPC dans les pays du Tiers-Monde, les mouvements révolutionnaires maoïstes restent marginaux (uniquement au Cambodge avec les Khmers rouges).

Quelques temps après l’échec économique du Grand Bon en avant, Mao Zedong lance la révolution culturelle (à partir de 1966), dans laquelle l’objectif est de mobiliser les masses, notamment la jeunesse, encadrée par les Gardes rouges, et cela grâce à la propagande et à la diffusion de l’idéologie de Mao, véhiculée par le Petit Livre rouge, que tous les chinois devaient avoir en leur possession. (Par ailleurs, en France, lors du mouvement social de mai 1968, les intellectuels occidentaux sont éblouis par la révolution culturelle), les idées de Mao sont alors diffusées dans les autres pays du Monde.

grand_bond_en_avant_chine_révolution_culturelle_mao_zedong

III) La reconnaissance internationale

La rivalité avec l’URSS conduit la Chine à se tourner vers le monde capitaliste ; en 1971, la RPC prend la place de Taïwan à l’ONU entant que membre permanent (et pourvu du droit de veto), parmi les 4 autres membres (États-Unis, Union soviétique,Royaume-Unis, France) du conseil des Nations Unies.

En 1972, lorsque les États-Unis veulent se désengager de la guerre de Viêt-Nam (1955-1975), Richard Nixon rend officiellement visite à Mao Zedong, dans la capitale chinoise, Pékin, afin de normaliser ses relations avec la RPC, et d’éviter que le retrait des troupes américaines puisse profiter à l’URSS.

1972_visite_officielle_Nixon_Chine_Mao_Zedong_Pékin

Cette rencontre permet aussi au gouvernement des États-Unis de réaffirmer son intérêt à régler pacifiquement la question de Taïwan (notamment après les crises du détroit de Formose de 1954 et 1958). En 1978, les États-Unis reconnaissent officiellement la Chine (après la France en 1964, par le général De Gaulle).

Au milieu des années 1970, malgré un succès diplomatique croissant de la Chine, son influence régionale et internationale reste faible, les échanges modestes, et son ouverture encore insuffisante. Hors d’Asie, la RPC ne s’implante qu’en Afrique et soutient des guérillas indépendantes (comme au Mozambique).

Les grands projets lancés par Mao Zedong (politique économique du Grand Bon en avant), n’ont pas eu le succès escompté et ont finalement désorganisé le pays. À la mort du Grand Timonier en 1976, la République populaire de Chine n’est pas encore une puissance mondiale, mais compte le devenir.

Chine_pékin_viêt_nam_taïwan_carte

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