Prémices ou prémisses ?

Quelle est la définition de prémices et de prémisses, quelle en est la différence ? Dans quel contexte emploie-t-on ces mots ?

Poursuivons notre série sur les mots homophones et intéressons-nous au cas des termes prémisse et prémices.

Prémices

Étymologie du mot prémices

Le mot prémices est issu du latin primitiae, qui vient de primus et signifie premier.

Prémices est un nom de genre féminin et toujours employé au pluriel. Il fait toujours référence au début ou au commencement de quelque chose. Durant l’Antiquité, le terme prémices désignait des premiers fruits de l’agriculture ou de l’élevage destinés à être des offrandes aux dieux.

Exemples

  • Les feuilles rougissent, ce sont les prémices de l’automne.
  • Dans certaines tribus, on offre encore des prémices aux dieux.

Le mot prémices s’emploie très rarement au singulier, sous sa forme “prémice” donc. Citons des exemples dans le dictionnaire du Bescherelle et dans La Mort de Socrate.

Cette tendre lueur, prémice de l’aurore.
(Jacques Delille)

Offrons, offrons d’abord aux maîtres des humains de l’immortalité cette heureuse prémice.
(Lamartine)

Prémisse

Étymologie du mot prémisse

Le mot prémisse est issu du praemissa, sous-entendu sententia qui signifie “proposition mise en avant”; de prae qui signifie “en avant” et de mittere qui signifie “envoyer”.

Prémisse est un nom de genre féminin, qui s’accorde au singulier ou au pluriel, et qui indique une proposition faite au début d’un exposé ou d’une réflexion et qui permet de déduire par la suite les conclusions. Dans le domaine de la logique et plus précisément du syllogisme, les prémisses sont respectivement la majeure et la mineure qui précèdent la conclusion.

Les chiens mangent de la viande, (prémisse 1)
Je mange de la viande, (prémisse 2)
Donc je suis un chien. (conclusion)

Ceci est un exemple de syllogisme.

Notons que l’emploi de prémisse au singulier n’est reconnu par l’Académie française que depuis peu de temps mais était considéré comme valide par d’autres sources d’autorités comme le Littré depuis longtemps.

Exemples

  • Les prémisses de son raisonnement sont bonnes mais il ne parvient pas à tirer des conclusions pertinentes.
  • Quelle prémisse manque dans le syllogisme “je pense donc je suis” ?

Et les prolégomènes dans tout ça ?

Il peut être tentant d’utiliser le terme prémisses pour qualifier les avant-propos ou les principes préliminaires à l’étude d’une question.
Or, il existe un terme issu du grec Προλεγόμενα qui signifie “les choses dites avant”: le mot prolégomènes. Il s’emploie toujours au masculin pluriel.

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