La popularité croissante des diffusions sportives 24 heures sur 24 au Canada : pourquoi la télévision traditionnelle perd ses jeunes adeptes

Le 28 juillet, Rogers et Prime Video ont confirmé la conclusion d’une entente de 12 ans portant sur la diffusion des matchs de la LNH. Cette information a été relayée tout au long de la journée, mais la véritable nouvelle avait été annoncée un mois plus tôt, lorsqu’on a appris que Rogers et la CBC mettaient fin à leur entente de sous-licence, ce qui mettra un terme à la diffusion de l’émission « Hockey Night in Canada » sur la chaîne publique à la fin de la saison 2025-2026. De plus, Rogers interdit à la chaîne Citytv de diffuser les matchs.

En d’autres termes, à compter de cet automne, les amateurs de hockey ne pourront plus regarder les matchs de la LNH à la télévision au Canada. Dans un pays où le hockey du samedi soir a toujours fait partie intégrante de la vie quotidienne et où il est accessible gratuitement à tous, cet événement revêt une importance bien plus grande qu’une simple transaction de 11 milliards de dollars.

Ce qui change concrètement au Québec

Ces derniers jours, la situation dans le paysage médiatique francophone s’est clarifiée. Selon La Presse, la chaîne TVA Sports continuera de détenir les droits de diffusion télévisée nationale de 32 matchs des « Canadiens de Montréal » en saison régulière (contre 22 l’année dernière), et conservera également les droits exclusifs de diffusion des matchs des séries éliminatoires.

La société Rogers n’a pas encore fait de déclaration officielle. Entre-temps, RDS a conclu une entente pluriannuelle portant sur la diffusion de 45 matchs par saison, comme l’a annoncé la chaîne en octobre 2022.

Diffuseur

Matchs du Canadien en 2026-2027

Acces

RDS

45 matchs régionaux

Abonnement câble ou application

TVA Sports

32 matchs nationaux et les séries

Abonnement câble ou application

Prime Video

7 matchs en français

Abonnement Amazon

Télévision en ondes

Aucun

C’est précisément cette dernière ligne qui revêt une importance cruciale. Désormais, un fan de 19 ans qui n’a jamais eu recours au suivi devra souscrire au moins deux abonnements pour suivre son équipe. Les services de diffusion en continu l’ont compris avant les chaînes de télévision, y compris le Melbet casino, où les gens adoptaient une approche par courtes séances, et ont donc diffusé les événements sportifs de la même manière. La seule différence réside dans le fait que la télévision oblige les gens à rester attentifs pendant trois heures, contrairement aux services de diffusion en continu, où l’on s’estime chanceux si l’on parvient à retenir l’attention du public pendant 20 minutes.

Les jeunes étaient déjà partis

Ce n’est pas l’entente de juillet qui a provoqué la perte d’audience chez les 18 à 34 ans. Cette tendance a vu le jour bien avant cela et s’explique par des habitudes bien précises :

  • On regarde le match par segments, souvent en commençant par la deuxième période.
  • Les meilleurs moments remplacent la diffusion intégrale : soixante secondes ont plus de valeur que trois heures.
  • Le téléphone intelligent est l’écran principal, et non un écran d’appoint.
  • L’attachement se développe envers des joueurs particuliers, que les partisans suivent individuellement, et non simplement envers l’équipe.

Aucune grille de programmation ne peut répondre à ces besoins. Une chaîne spécialisée vend un temps de visionnement fixe à une heure précise. Le jeune amateur achète un accès instantané à un moment précis, et il veut l’obtenir sur l’appareil qu’il tient déjà entre ses mains.

Le problème de l’empilement

Dans le milieu, on parle de fragmentation. En réalité, c’est une question de coût. D’un côté, il y a le hockey national; de l’autre, le hockey régional; et ailleurs, le soccer – Apple TV étant partenaire de la MLS, tandis qu’Amazon est également présent dans l’industrie du hockey depuis l’année dernière. Le partisan qui souhaite tout regarder paie désormais quatre à cinq fois plus cher. Celui qui refuse est obligé de faire des choix, et la première chose qu’il fait, c’est de renoncer aux matchs de février contre l’équipe de l’Ouest.

Le visionnement se fait presque exclusivement sur le téléphone. Chez de nombreux jeunes de 25 ans, l’application Melbet apk se trouve sur le même écran d’accueil que l’application RDS. Les deux s’ouvrent simultanément, souvent sur le chemin du retour. C’est précisément cette proximité d’utilisation qui explique pourquoi les technologies numériques l’emportent, bien plus que la qualité de l’image ou le nombre de caméras.

Ce que la saison qui vient va révéler

La société Rogers a déboursé deux fois plus que dans le cadre du contrat précédent – 11 milliards contre 5,2 milliards en 2013 – en pariant que les partisans suivraient le hockey, peu importe où il serait diffusé. Cette hypothèse n’a jamais été mise à l’épreuve en l’absence d’un « filet de sécurité » à la télévision.

La réponse sera connue d’ici peu. Si les cotes d’écoute de l’auditoire francophone se maintiennent malgré la disparition du hockey gratuit, ce modèle s’étendra à tous les sports au pays. Si, au contraire, elles chutent chez les téléspectateurs de moins de 35 ans, toute une génération de partisans des « Canadiens » apprendra à suivre son équipe autrement : à travers les moments forts, les statistiques et les vingt dernières minutes d’un match qui, pour eux, n’aura jamais vraiment commencé.

Massimo Sciano

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