Quelques Philosophes de l’Antiquité

Cet article vous propose une présentation succincte, mais complète, des différents philosophes de l’Antiquité afin d’avoir de meilleurs repères !

frise chronologique des philosophes de l'Antiquité

Socrate (- 470 à -399, Ve siècle av-JC), est un philosophe de la Grèce antique connu pour être l’inventeur de la maïeutique (l’art de conduire l’interlocuteur à découvrir et à formuler (accoucher) les vérités et connaissances qu’il a en lui), ainsi que pour être l’un des créateurs de la philosophie sur la morale et l’éthique. Il n’a laissé aucun écrit, mais ses pensées ont été transmises par des témoignages, ainsi que par ses disciples Platon et Xénophon.

– Platon (-427 à -347, IVe siècle av-JC), élève de Socrate, est un philosophe de la Grèce antique connu pour être l’inventeur de la dialectique (méthode de raisonnement, questionnement et d’interprétation), ainsi que pour avoir fondé l’Académie (-387, à Athènes).

La dialectique platonicienne est une méthode permettant l’élévation de l’âme, du monde sensible jusqu’au monde des Idées, et comprenant trois phases :

  • La dialectique ascendante, qui est une remontée de concepts en concepts jusqu’aux concepts les plus généraux, les Idées.
  • La dialectique contemplante (Noésis), correspondant au sommet de la dialectique ascendante, le moment où l’on arrive aux concepts généraux, aux Idées, que l’on peut alors contempler.
  • La dialectique descendante (Diairésis), qui est le retour progressif vers le monde sensible, afin d’y exercer une activité morale et politique, dans le but d’y introduire la rationalité, l’intelligible vus dans la dialectique contemplante.

Ayant exploré de nombreux thèmes philosophiques, comme l’éthique, l’art et la politique, il est aussi l’un des plus célèbres détracteurs des sophistes (orateurs, et spécialistes du savoir, dont leur raisonnement n’avaient pour unique but l’efficacité persuasive, et non la vérité). Platon est aussi connu pour avoir développé la théorie des Formes, dans laquelle il introduit un dualisme (opposition) entre le monde sensible (les sens changeant) et le monde intelligible (les idées immuables).

– Aristote (-384 à -324, IVe siècle av-JC) est un philosophe de la Grèce antique, disciple de Platon à l’Académie, connu pour être le créateur de la logique (dans l’Organon), du syllogisme (raisonnement déductif), ainsi que pour être le fondateur de la métaphysique (qui consiste à rechercher les premières causes et principes de l’existence de l’Univers, tandis que la physique traite uniquement du monde réel).

Exemple du raisonnement syllogistique d’Aristote le plus connu :

1) Tous les hommes sont mortels
2) Or Socrate est un homme
3) Donc Socrate est mortel.

De plus, les théories d’Aristote concernant la morale et la politique se rapprochent de l’eudémonisme (doctrine où le bonheur est un principe, et que c’est pour l’atteindre que nous accomplissons tous nos actes), ainsi la « vie bonne » est le Souverain Bien, c’est-à-dire l’objectif final de tout être.

Les adeptes de la philosophie d’Aristote étaient appelés « les péripatéticiens », par allusion à l’habitude qu’avait Aristote d’enseigner la philosophie en se promenant avec ses disciples.

Aristote est aussi connu pour avoir développé la notion « chrématistique », qui est la poursuite de l’accumulation des richesses et des biens de consommation, sans but particulier et sans considération de leur utilité. Cette attitude chrématistique conduit souvent à la pléonexie (désir de posséder toujours plus, d’avoir plus que les autres).

Enfin, Aristote, dans sa théorie sur les substances, a aussi développé l’hylémorphisme, qui est une philosophie considérant que tout être (objet ou individu) est composé de manière indissociable d’une matière et d’une forme ; ce qui s’oppose au dualisme de Platon.

Socrate, Platon et Aristote
Socrate, Platon, Aristote

L’astuce pour se souvenir de l’ordre chronologique de Socrate, Platon et Aristote est de penser au mot SPA (soit en pensant à la société protectrice des animaux, soit en pensant au bain bouillonnant).

Résumé visuel pour ces 3 grands philosophes :

Socrate Platon Aristote
Morale, éthique Morale, politique Logique, métaphysique
Maïeutique Dialectique Syllogisme
x Dualisme Hylémorphisme

 

– Les Sophistes (Protagoras, Gorgias, Prodicos, Hippias d’Élis) sont des orateurs, maîtres de la rhétorique (l’art de parler avec éloquence), et spécialistes du savoir, dont leur raisonnement n’avaient pour unique but l’efficacité persuasive, et non la vérité.

Gorgias (-480 à – 375, Ve siècle av-JC), contemporain de Socrate, fut l’un des premiers à développer des thèses ressemblant au nihilisme (terme qui n’apparaît véritablement qu’au 18e siècle), qui est est une doctrine ou attitude, fondée sur la négation de toutes valeurs, croyances ou réalités substantielles (causalités de l’existence). Le nihilisme affirme l’inexistence de la morale et de la vérité, et le vrai nihilisme consiste même à ne croire en rien.

 Protagoras (-490 à -420, Ve siècle av-JC) est un philosophe sophiste ; il fut l’un des premiers à faire payer ses enseignements (portés sur la rhétorique, l’art du discours). Il est connu pour avoir développé des idées sur la subjectivité de la vérité, c’est-à-dire que selon lui, la vérité, l’éthique, les sentiments, et même la réalité sont des conceptions et des inventions humaines ; la subjectivité induit que chaque homme aurait sa propre notion de vérité ou de réalité, et qu’il n’en existerait pas une commune à tous.

Protagoras est donc connu pour son relativisme (doctrine affirmant qu’il n’existe pas de vérité absolue), ainsi que pour son agnosticisme (doctrine émettant des doutes sur une existence divine, que l’absolu est inaccessible à l’esprit humain).

– Prodicos (- 460 à -390, Ve siècle av-JC) était un philosophe sophiste, connu pour sa tripartition du plaisir, qui était divisé en joie, volupté (plaisir sensuel, lascif) et liesse (euphorie d’une foule, joie collective).

– Hippias d’Élis (-460 à -390, Ve siècle av-JC) était un philosophe sophiste, l’un des rares à ne pas avoir pratiqué une philosophie éristique (art de la controverse, de la contestation). Il était aussi un défenseur de la démocratie, et lutta contre l’oligarchie (gouvernement où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes formant une classe dominant).

Remarque : Le Ve siècle av-JC est aussi parfois appelé « siècle de Périclès », en raison de l’influence de cet homme d’État athénien (-495 à – 429).

Protagoras, Gorgias et Prodicos
Protagoras, Gorgias et Prodicos

– Les Cyniques (Antisthène, Diogene) pratiquent le cynisme, une doctrine matérialiste et anticonformiste (qui s’oppose aux conventions sociales établies), fondée vers -380 av JC par Antisthène, un disciple de Socrate et de Gorgias (sophiste). Les cyniques soutiennent qu’il faut une bonne conduite de la vie, le reste étant sans intérêt, tout ce qui n’est pas en rapport avec la vertu est alors ignoré, comme les sciences ou la logique.

– Antisthène (-444 à -365, Ve siècle av-JC) est un philosophe grec et le fondateur de l’école cynique vers -380 av-JC. Chez Antisthène, les plaisirs et les passions sont considérés comme des choses viles, néfastes et pernicieuses, empêchant toute conduite vertueuse ; à l’inverse, le travail est considéré comme un bien, car celui-ci apprend à l’homme à se maîtriser, à juguler ses désirs, et à se dominer.

Diogène de Sinope (-413 à -327, Ve siècle av-JC) est un philosophe grec, disciple d’Antisthène, et contemporain de Phillipe II de Macédoine, père d’Alexandre le Grand. Diogène est connu pour avoir mené une vie erratique (instable), pour sa philosophie et ses propos étonnants et allant jusqu’à la dérision, ainsi que pour son profond dédain pour le genre humain (en plein jour ensoleillé, Diogène marchait dans la foule avec une lanterne allumée à la main, déclarant « Je cherche un homme véritable »).

Diogène et Antisthène
Diogène et Antisthène

– Les Stoïciens (Zénon de Cition, Epictète, Seneque, Marc Aurèle) étaient les adeptes du stoïcisme, un mouvement philosophique occidental issu de l’école du Portique fondée en -301 à Athènes, par Zénon de Cition.

Selon les Stoïciens, le bonheur serait atteignable par l’ataraxie (sérénité, tranquillité de l’âme, absence de troubles de l’esprit), ainsi que par l’aponie (absence de troubles physiques, corporels). Bien que ces termes soient aussi communs à l’école épicurienne, elle n’en reste pas moins la rivale de l’école stoïcienne.

Le stoïcisme se rapproche ainsi de l’eudémonisme (comme pour Aristote), philosophie qui fait du bonheur la fin naturelle de l’existence de l’homme, atteignable par le moyen de la sagesse, selon les stoïciens.

Zénon de Cition (-335 à -263, IVe siècle av-JC) est un philosophe stoïcien, connu pour être le fondateur du stoïcisme, ainsi que pour être l’inventeur du kathakon, qui est une pratique des devoirs dans le stoïcisme signifiant « actions appropriées » dans lequel l’homme doit vivre en accord avec la nature.

Epictète était un philosophe stoïciens du Ier siècle ap-JC, contemporain de Néron (cinquième empereur romain). La philosophie d’Epictète était davantage tournée vers la pratique, il enseignait en effet, des méthodes pour attendre le bonheur par l’ataraxie (qui désigne le calme intérieur, la paix de l’âme).

Sénèque (-4 à 65, Ier siècle ap-JC) est un philosophe stoïcien, homme d’État et dramaturge. Il fut conseiller à la cour impériale sous Caligula (troisième empereur romain), ainsi que le précepteur de Néron (qui plus tard, dans sa folie, poussa Sénèque au suicide). Sénèque, comme les autres stoïciens, tentaient de supprimer les passions afin d’atteindre l’ataraxie (tandis que les péripatéticiens, adeptes de la philosophie d’Aristote, tentaient de les juguler, de les maîtriser).

Marc Aurèle (121 à 180, IIe siècle ap-JC) fut le dix-septième empereur romain adepte de la philosophie stoïcienne. En tant que stoïcien, il fit parvenir à la tête de Rome les idées d’Épictète, celui-ci ayant été, il y a quelques dizaines d’années avant, banni par le tyran Domitien (onzième empereur romain).

Zénon de Cition, Épictète, Sénèque, Marc Aurèle
Zénon de Cition, Épictète, Sénèque, Marc Aurèle

– Les Matérialistes (Leucippe, Democrite, Aristippe, Épicure, Lucrèce) professent une philosophie rejetant l’existence d’un principe spirituel, ramenant toute réalité à la matière, et affirmant que tout phénomène est le résultat d’interactions matérielles : le matérialisme.

– Leucippe (-420 à -370, Ve siècle av-JC) est un philosophe grec, considéré comme l’inventeur de l’atomisme (philosophie proposant une conception d’un univers discontinu, composé de matière et de vide). D’après la doxographie (activité consistant à reproduire et commenter des écrits et opinions de penseurs antérieurs), Leucippe fut le contemporain de certains philosophes de la nature (-600 à -400 av-JC) qui regroupait : Anaxagore, Empédocle, Zénon d’Elée, Pythagore et Parménide ; ces deux derniers ayant été ses précepteurs.

Démocrite (-460 à -370, Ve siècle av JC) est un philosophe grec, disciple de Leucippe, dont il a poursuivi et développé la théorie atomiste de l’Univers. Selon Démocrite, la nature est composée de vide et d’atomes, qui sont des particules insécables (que l’on ne peut pas couper), matérielles et invisibles.

– Aristippe (-435 à -356, VIVe siècle av-JC) est un philosophe grec matérialiste, disciple de Socrate. Il est connu pour être le fondateur de l’école cyrénaïque orientée vers l’hédonisme. Chez Aristippe, le but de la vie est le plaisir, qu’il définit comme étant un « mouvement doux accompagné de sensations », et l’absence de douleur (aponie et ataraxie développées chez les Stoïciens, et les Épicuriens) ne serait pas un plaisir, mais une apathie, une absence d’émotions et de sensations.

Épicure (-342 à -270, IVe siècle av-JC) est un philosophe grec matérialiste, dont la philosophie s’inspire de l’atomisme de Démocrite, mais qui en revanche s’oppose à la fois à l’idéalisme de Platon (où les idées sont « plus réelles » que la matière), et à la théorie sur la substance d’Aristote (laquelle possède la propriété d’être séparée).

Dans le Jardin, école philosophique ouverte aux hommes, aux femmes et même aux esclaves, Épicure est connu pour avoir développé la notion de plaisir cinétique (plaisir en mouvement, comme le fait de boire) qui s’oppose au plaisir catastématique (plaisir au repos, comme le fait d’avoir étanché sa soif).

Il développe aussi le tétrapharmakon (quatre remèdes) résumant sa doctrine du bonheur : Il ne faut pas craindre les dieux ; ni la mort ; le bonheur est facilement atteignable ; et le mal est aisément supportable.

– Lucrèce (-94 à -54, Ier siècle av-JC) est un philosophe latin adepte et héritier de la philosophe épicurienne. Selon lui, le mouvement des atomes est crée par trois causes motrices dont le poids, les chocs et le clinamen (phénomène de légère déviation spontanée des atomes) ; c’est de cette liberté mécanique des atomes que provient la liberté humaine. Lucrèce est resté fidèle à la philosophe d’Épicure, et c’est grâce à lui que les idées épicuriennes ont pu être diffusées.

Leucippe, Démocrite, Aristippe, Épicure, Lucrèce
Leucippe, Démocrite, Aristippe, Épicure, Lucrèce

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1 commentaire
  1. […] VERSCHAERE, Adrien. « Quelques Philosophes de l’Antiquité »,[08/03/17], https://jeretiens.net/quelques-philosophes-de-lantiquite/ […]

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